Les petites et moyennes entreprises du Québec bénéficieront graduellement d’allègements fiscaux totalisant près de 2,2 milliards $ d’ici 2022-2023.

De l'air pour les PME

À leur tour, les petites et moyennes entreprises ont eu droit à leur lot de bonnes nouvelles, mardi, à l’occasion du dépôt du budget 2018-2019 du gouvernement du Québec.

Elles bénéficieront graduellement d’allègements fiscaux totalisant près de 2,2 milliards $ d’ici 2022-2023.

Hausse du salaire minimum. Bonifications du Régime québécois d’assurance parentale, de la Loi sur les normes du travail et du Régime des rentes du Québec.

Ces mesures annoncées, ces dernières semaines, par différents ministres du gouvernement de Philippe Couillard en faveur des travailleurs ont donné le vertige aux employeurs.

«Le gouvernement est conscient de l’impact de ces mesures pour les entreprises, et en particulier pour la compétitivité des PME», a insisté, mardi, le ministre des Finances, Carlos Leitão.

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Dans un premier temps, les 245 000 PME québécoises bénéficieront d’une réduction de leur cotisation au Fonds des services de santé. Une mesure qui leur apportera un allègement fiscal de l’ordre de 1,2 milliard $, soit de 340 millions $ par année.

Par ailleurs, 30 000 PME des secteurs des services et de la construction profiteront, elles aussi, de la baisse graduelle de 8% à 4% du taux d’imposition qui avait été accordé, il y a quelques années, aux petites et moyennes entreprises manufacturières et celles du secteur primaire. 

Cette réduction de l’impôt sur le revenu représentera un allègement de près d’un milliard de dollars.

Ainsi, une PME du secteur des services ou de la construction ayant un revenu imposable de 500 000 $ et une masse salariale de 1 million $ verra son fardeau fiscal diminuer de 30 500 $ en 2022 par rapport à la situation qui prévalait avant le budget 2014-2015.

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CE QU'ILS ONT DIT...

«Les baisses de la taxe sur la masse salariale et du taux d’imposition des PME annoncées génèreront à terme des économies d’environ 600 millions $ par année pour les PME. Bien qu’inférieures à la facture qui leur a été refilée avec la hausse du salaire minimum et la bonification des normes du travail, ces économies leur permettront quand même de souffler un peu et de préserver une certaine compétitivité. On peut dire qu’en matière de fiscalité des PME, nous sommes en chemin pour rattraper les autres provinces canadiennes.»

— Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante

«Le Québec est confronté à des défis de taille, notamment à la numérisation de l’économie. Les perspectives de croissance économique sont très intéressantes, mais celle-ci doit permettre de créer des emplois de qualité pour tous et toutes et non pour une minorité d’individus ayant des compétences élevées. Les mesures gouvernementales proposées offriront de meilleures chances d’emploi à tous et à toutes.»

— Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs du Québec

«Les libéraux ont souhaité rendre la vie plus facile aux employeurs qui font face à une hausse de cotisation à la Régie des rentes du Québec et à de nouvelles mesures de la Loi sur les normes du travail. Dans un contexte de croissance économique, les entreprises auraient dû assumer ces bonifications des conditions de travail.»

— Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux

«Globalement, plusieurs mesures contenues dans ce budget répondent aux demandes prioritaires des entreprises tout en maintenant le cap sur l’équilibre budgétaire et le contrôle de la dette publique pour les cinq prochaines années. Nous retenons du budget, qu’il consacrera plus de 1,6 milliard $ d’ici 2023 pour répondre aux besoins criants en main-d’œuvre des entreprises, tant en matière de disponibilité qu’en matière de formation et de développement des compétences.»

— Yves-Thomas Dorval, pdg du Conseil du patronat du Québec