Au cours des dernières semaines, la machine d’Industries Samson a produit de la neige à 27 °C du côté de l’Oregon.

De la neige au Club Med... à plus de 20 °C

Comme on dit au baseball, Industries Samson frappe un grand chelem. L’entreprise de Lévis vient de vendre une machine pouvant produire de la neige à plus de 20°C à un Club Med japonais.

«C’est une visibilité incroyable pour nous. Cela va être notre vitrine pour l’Asie. C’est un centre de ski très populaire», mentionne au Soleil Guy Pelchat, propriétaire de la compagnie lévisienne. Il s’agit de la troisième transaction du groupe pour ce produit disponible depuis un peu plus d’un an.

Des ententes ont également été signées avec des centres de ski dans l’Oregon et en Australie. Le prix des machines oscille entre 300 000 et 500 000 $, dépendamment de la performance désirée.

En fait, il existe deux modèles chez Industries Samson, le système de fabrication de 50 tonnes produit 100 mètres cubes de neige par jour et son frangin de 25 tonnes produit 50 mètres cubes de neige par jour.

La nouvelle machine, installée dans un conteneur de 40 pieds — il s’agit du plus gros modèle —, prendra la mer cet automne. Elle devrait être livrée sur l’île d’Hokkaido vers la fin du mois d’octobre. Sa construction devrait commencer au cours des prochains jours.

«C’est un délai très rapide. L’objectif est qu’elle soit en fonction avant l’arrivée de la neige afin de démontrer ses capacités», explique M. Pelchat. «Au Japon, la neige est parfois très tardive. Il y a des incertitudes plus prononcées qu’ici pour les précipitations de neige. Les propriétaires souhaitent maintenant avoir une plus grande stabilité», poursuit-il.

Ce dernier précise que son produit peut produire des flocons jusqu’à des températures de 27°C. De quoi faire rougir Dame Nature.

À titre de comparaison, pour produire de la neige à partir de canons, il faut une température extérieure d’environ -2°C.

Selon M. Pelchat, le Japon et la Chine sont deux marchés très prometteurs pour son industrie. D’ailleurs, il ne cache pas avoir eu des pourparlers avec d’autres entreprises, entre autres, dans l’Empire du Milieu. Il regarde aussi du côté de l’Australie, de l’Europe et du pays de Donald Trump.


« Au Japon, la neige est parfois très tardive. Il y a des incertitudes plus prononcées qu’ici pour les précipitations de neige. Les propriétaires souhaitent maintenant avoir une plus grande stabilité »
Guy Pelchat, propriétaire des Industries Samson

«Nous avons actuellement d’autres négociations importantes en Asie. C’est un marché qui représente pour nous un potentiel d’environ 500 unités. Théoriquement, cela représente du travail pour 33 ans», avance l’homme d’affaires. «La Chine a soif de cette technologie. Il y a aussi beaucoup de parcs d’attractions qui cherchent de la neige de qualité. Avec le réchauffement climatique, c’est certain que nous avons un produit qui peut aider plusieurs industries», poursuit-il.

Un coup de pouce?

Afin de mousser davantage son produit du côté de l’Asie, M. Pelchat indique qu’il aimerait bien recevoir un petit coup de pouce financier du gouvernement provincial.

«Il faut que le gouvernement supporte les entreprises qui exportent et ce n’est pas toujours le cas. Nous avons un produit unique et cela a été très dispendieux à développer. Avec ce soutien, notre produit pourrait percer davantage à l’échelle internationale. Il faut que les promoteurs dans ces régions connaissent notre technologie. Il faut aider nos entreprises d’ici», demande celui qui a frappé à plusieurs portes au cours des derniers mois, mais en vain.

Il aura fallu trois ans à l’ingénieur Louis Handfield pour concevoir le prototype. Il est aussi celui qui a fondé le manufacturier de canons à neige québécois Turbocristal (HKD Snowmakers), en 1985.

Fondée en 1890, l’entreprise Industries Samson compte aujourd’hui une quinzaine d’employés. Entre deux et trois vont travailler à temps plein sur la conception de la machine pour le Japon.

La compagnie de Lévis brasse principalement des affaires dans le domaine de la soudure.