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Le 1er septembre, Maxim Côté ouvrira sa première boutique avec pignon sur rue dédiée à la cryptomonnaie à Québec.
Le 1er septembre, Maxim Côté ouvrira sa première boutique avec pignon sur rue dédiée à la cryptomonnaie à Québec.

De la cryptomonnaie et de l’art au bout des doigts dans Saint-Roch

Marie-Soleil Brault
Marie-Soleil Brault
Le Soleil
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Le 835, rue Saint-Joseph Est sera dès septembre un point de rassemblement pour les passionnés et néophytes de cryptomonnaies et d’arts visuels. Sans soutien des institutions financières, mais avec beaucoup de volonté, Maxim Côté se lance le défi de rendre cette devise numérique accessible à tous.

Le 1er septembre, Maxim Côté ouvrira sa première boutique avec pignon sur rue dédiée à la cryptomonnaie à Québec. Il ne compte pas seulement faire de son enseigne un endroit transactionnel, mais aussi un lieu pour offrir un service de consultation, ainsi qu’une vitrine pour les artistes visuels. 

«S’il y a un comptoir où quelqu’un prend le temps de t’expliquer la panoplie de crypto qu’il y a et laquelle serait le mieux pour toi, selon tes besoins, je crois que ça la rendrait plus accessible», estime M. Côté. «Autant pour les boomers que pour les jeunes qui ne peuvent pas se tourner vers leurs parents pour demander comment investir là-dedans.»

Le propriétaire a plongé dans la cryptomonnaie quelques années après la création du Bitcoin, «dans le temps où ça valait 100 $.» En date du 19 juillet, un bitcoin vaut près de 40 000 $.

«Je suis dans la crypto depuis 2012 et pleins d’autres personnes que je connais le sont aussi. On s’y intéresse, on lit des heures chaque jour pour se tenir au courant. Par contre, quand je pense à mes parents, mes oncles et mes tantes, ils ne sauraient pas par où approcher ça ou par où commencer.»


« Même s’ils me trouvaient tannant au début, maintenant ils le regrettent et réalisent qu’il y avait peut-être quelque chose. »
Maxim Côté

Néanmoins, M. Côté ne veut pas être le seul à offrir des conseils. «J’ai le goût d’attirer des enthousiastes comme moi et que des gens qui s’y connaissent gravitent autour de la boutique. J’espère qu’un néophyte va se retrouver à côté de quelqu’un avec de l’expérience pour ouvrir un dialogue par rapport à la crypto.»

Une boutique «sans nom»

La boutique située au 835, rue Saint-Joseph Est n’a pas encore de nom. Le propriétaire désire que l’endroit soit nommé de manière organique par la clientèle, «parce que c’est eux qui vont trouver le meilleur nom. Que ce soit “Le Local”, ou peu importe. Si ça peut ajouter au concept anti-corporatif, tant mieux.»

Cette pensée atypique dans le domaine entrepreneurial l’a aussi poussé à venir s’installer dans Saint-Roch pour son quartier plus «punk, hors-norme, rebelle», décrit-il, en précisant que ça ne se veut pas péjoratif. «Ma boutique “fiterait” dans le décor. Puis, Saint-Roch, c’est quand même un quartier que je considère assez artistique.»

Les amateurs d’arts visuels en auront aussi pour leur argent, qu’il soit papier ou virtuel. Maxim Côté est entouré d’artistes. Pour faire d’une pierre deux coups, il désire offrir aux artistes locaux une nouvelle vitrine pour exposer, tout comme Caroline Morin, qui a peint la fresque sur la devanture du 835. Il ajoute que des peintures en direct auront aussi lieu. 

M. Côté est aussi intéressé à l’idée d’intégrer les jetons non fongibles (NFT) à son modèle d’affaires. «La beauté d’un NFT, c’est que techniquement, je n’ai pas à m’impliquer là-dedans. Tout va directement à l’artiste et moi je veux les aider à mettre leur art sur la plateforme.» Il ne sait pas encore s’il prendra un pourcentage sur la vente des NFT, mais il avance que «c’est certain que ça va s’entrecroiser et que moi je veux qu’on aille vers ça.»

Les NFT sont des actifs numériques achetés aux enchères avec de la cryptomonnaie et servent de certificat d’authentification prouvant l’unicité de l’objet. 

D’autres articles, comme des chandails, des autocollants et des accessoires en lien avec les cryptomonnaies et les artistes exposés seront aussi en vente dans la boutique. Il sera possible de payer par argent et par cryptomonnaie sur place. 

Passionné, mais craintif

Le concept anti-corporatif revient souvent dans le discours de Maxim Côté. En bonne partie due à la «grosse résistance des institutions financières et aux banques au Québec.»

M. Côté désirait installer des guichets automatiques spécialisés dans la cryptomonnaie pour ses futurs clients. Cependant, pour avoir un guichet automatique, il faut un compte bancaire. «Les institutions financières ne veulent même pas s’approcher de moi avec un bâton et ça inclut les compagnies d’assurances», indique-t-il.

«Aussitôt qu’il y a crypto à quelque part, les banques et les assurances ne veulent pas toucher à ça. Donc en ayant aucun compte bancaire, je suis pogné», souligne Maxim Côté. Pour l’instant, pas de guichets pour la cryptomonnaie dans sa nouvelle boutique. 

Néanmoins, cela veut aussi dire que ce dernier devient sa propre banque pour son entreprise. «Tout se fait à partir d’une réserve d’argent et de crypto que j’ai avancé à la compagnie», affirme le propriétaire. 

Malgré sa grande volonté, l’entrepreneur n’aura pas les moyens à l’ouverture d’engager des employés. Sa passion devra le garder debout de 9h à 21h, sept jours par semaine, «pour un bon bout». 

«Honnêtement, je le fais parce qu’il faut que quelqu’un le fasse. Je ne veux pas être pessimiste, je sais que c’est un risque que je prends, mes fournisseurs le savent aussi. C’est sûr que les premiers qui s’avancent dans la forêt, c’est eux qui risquent d’être plus égratignés à l’autre bout. C’est correct, je suis prêt à ça.» 

Le propriétaire espère tout de même inspirer d’autres à faire de même. «Si jamais le concept fonctionne, peut-être qu’il va y en avoir une qui va ouvrir à Sainte-Foy. Peut-être que ce sera une galerie, peut-être un café ou autre chose. Peut-être que ce ne sera même pas moi qui vais l’ouvrir, peut-être que ça va donner l’idée à d’autres personnes de le faire et j’encourage ça. Je veux que le milieu soit en effervescence.»