Le contrat de traversiers avec la BC Ferries permettrait à Davie d’assurer du boulot à au moins 450 travailleurs

Davie lorgne un contrat d'environ 1 milliard $

EXCLUSIF / Chantier Davie a faim. L’entreprise de Lévis est en lice pour un contrat d’environ 1 milliard de dollars pour la construction de traversiers pour la BC Ferries, en Colombie-Britannique, a appris Le Soleil.

«On parle ici d’un appel d’offres qui est également ouvert aux entreprises étrangères», note une source bien au fait du dossier. «Comme chantier canadien, Davie est en très bonne position. Il est le seul au Canada à être actuellement capable de remplir ce contrat. Cela pourrait assurer du boulot à au moins 450 travailleurs», poursuit-il.

L’appel d’offres de la BC Ferries consiste à construire entre cinq et huit nouveaux traversiers au cours des 12 prochaines années.

Selon nos informations, au cours des derniers jours, l’entreprise lévisienne a reçu la confirmation qu’elle avait franchi la première étape du processus de sélection. 

D’ici le mois d’avril, période pour la fin des soumissions, le chantier maritime travaillera à peaufiner davantage sa proposition. Ensuite, des responsables de la compagnie publique de la Colombie-Britannique devraient venir visiter Davie quelque part ce printemps.

L’échéancier pour le début des travaux n’est pas encore connu.

«BC Ferries souhaite avoir des traversiers avec des moteurs à propulsion hybride, soit au gaz naturel liquéfié [GNL] et au diesel», explique notre source. «Ce sont des systèmes que Davie connaît très bien. Pour le GNL, ils ont été les premiers en Amérique du Nord à avoir maîtrisé cette technologie», rappelle-t-il.

En effet, Davie a récemment livré deux bateaux passeurs propulsés au gaz naturel liquéfié et au diesel marin à la Société des traversiers du Québec (STQ), soit le Armand-Imbeau II et le Jos-Deschênes II. 

Il faut toutefois rappeler que durant ces chantiers la facture des travaux est passée de 125 millions $ à 324 millions $.

Joint par Le Soleil, jeudi, la direction de Davie n’a pas voulu confirmer nos informations. Elle n’a toutefois pas caché avoir de l’intérêt pour des projets en Colombie-Britannique.

«Nous sommes à l’affût de toutes opportunités d’affaires», répond le porte-parole, Frédérik Boisvert.

Cette offensive du chantier maritime s’inscrit alors que l’entreprise cherche de nouvelles occasions d’affaires afin de diminuer sa dépendance envers les contrats d’Ottawa dans le cadre de sa Stratégie nationale de construction navale. 

Mesure d’aide

Afin d’être plus compétitif face à ses rivaux à l’international, dans un document présenté à l’occasion des consultations prébudgétaires, on peut lire que Davie aimerait qu’Ottawa revienne sur sa décision d’éliminer le tarif douanier d’importation des traversiers de 25 %. 

Cet élément forçait les organisations canadiennes à payer un surplus si elles choisissaient un produit fabriqué à l’extérieur du pays.

«Cela aiderait le Québec à rivaliser pour la construction des traversiers en Ontario et en Colombie-Britannique», écrit Davie.

La signature d’un contrat avec la BC Ferries ne devrait pas empêcher le chantier maritime de Lévis de répondre aux besoins d’Ottawa.

Dans ses installations sur la Rive-Sud, l’entreprise peut mener en parallèle environ six projets visant la construction, la rénovation ou la conversion de navires.

Actuellement, 200 personnes travaillent à Davie.

Jeudi, l’Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada a lancé une pétition afin que la compagnie de Lévis obtienne sa juste part des 100 milliards $ en contrats dans le cadre de la Stratégie fédérale de construction navale.