Chantier Davie estime pouvoir se démarquer de ses compétiteurs dans le marché de la modernisation des bateaux de croisière par «son efficacité» et «son savoir-faire» dans la rénovation des cabines de navire.

Davie lorgne le marché des bateaux de croisière

Exclusif / Afin de maintenir le cap financièrement, Chantier Davie est à la recherche de nouvelles occasions d’affaires à l’international. L’entreprise de Lévis reluque maintenant le marché de la modernisation des bateaux de croisière, a appris Le Soleil.

«Aux États-Unis, cela représente annuellement une industrie de près de 3 milliards $», analyse Frédérik Boisvert, vice-président aux affaires publiques chez Davie. «On veut diversifier notre risque. [...] Si on obtient des contrats de la Marine royale canadienne ou de la garde côtière, cela sera du surplus», poursuit-il.  

Au cours des prochaines semaines, Davie prévoit tâter le pouls du marché de la rénovation des bateaux de croisière afin de voir comment l’entreprise pourrait tirer son épingle du jeu face à ses rivaux installés au pays de Donald Trump et également au Canada.

M. Boisvert estime que Davie pourrait notamment se démarquer de ses compétiteurs par «son efficacité» et «son savoir-faire» dans la rénovation des cabines de navire.

Le porte-parole rappelle que son entreprise a gagné ses galons dans ce domaine au cours des dernières années avec la réalisation du navire Asterix, un porte-conteneur commercial transformé en ravitailleur.

Cette première percée dans ce secteur d’affaires aux États-Unis pourrait se réaliser en collaboration avec un ou des partenaires. Des pourparlers sont en cours.

«Le niveau de saturation des chantiers maritimes américains est élevé. Il y a deux défis dans la construction de navires de croisière. Il y a la construction de navires neufs et cela ne prend pas juste six mois de travail. Ou, pour garder leur offre à jour et alléchante, les constructeurs se tournent vers d’autres chantiers pour réaliser certaines étapes de leur projet. Dans ce cas, on parle de travaux d’une plus courte durée», explique au Soleil le porte-parole.

C’est comme sous-traitant que la compagnie lévisienne souhaite faire ses premiers pas dans ce domaine. À court terme, elle n’envisage pas la possibilité de réaliser un navire de croisière de A à Z.

Pas la première initiative

Ce n’est pas la première initiative du genre de la part de Davie afin de ne plus dépendre principalement des contrats fédéraux.

Au mois de mars, le chantier maritime avait levé la main pour rafler un contrat de 2 milliards $ du côté du Pérou. Il consiste à la fabrication de six frégates de combat polyvalentes. Le processus se fera par appels d’offres.

Mentionnons que Davie est la seule compagnie canadienne en lice pour obtenir ce pactole.

Au cours des derniers mois, pour la petite histoire, rappelons que le manque de contrats chez Davie avait forcé l’entreprise à remercier plusieurs centaines de travailleurs. Aujourd’hui, ils sont environ 600 syndiqués.

En décembre, le chantier naval avait livré dans les délais le ravitailleur Asterix. Il est maintenant en service auprès de la Marine royale canadienne et de l’Aviation royale canadienne. Davie espérait par la suite construire son frère jumeau, soit l’Obelix. Un projet qui ne s’est pas concrétisé.

Depuis, la compagnie est toujours en négociation avec le fédéral pour la construction de trois brise-glaces polaires pour la Garde côtière. Cela représenterait environ deux ans de boulot.

Elle travaille aussi à compléter les deux futurs traversiers qui relieront Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine. La facture de ce projet est passée entre 2011 et 2018 de 125 millions $ à 324 millions $. Le premier traversier devrait être livré d’ici le début de l’été et le second au mois de septembre.