La ministre fédérale des Services publics et de l’Approvisionnement, Carla Qualtrough, en compagnie du président d’Irving Shipbuilding, Kevin McCoy

Davie: Irving accusé de «marauder» des employés

Selon la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Irving Shipbuilding «maraude» sans gêne les travailleurs que Chantier Davie met à pied en raison d’un carnet de commandes qui sera pratiquement à sec avec le départ, jeudi ou vendredi, du navire ravitailleur Asterix.

«D’un côté, Irving fait du lobbying pour faire mourir Chantier Davie et, de l’autre, il maraude les employés du chantier qui sont mis à pied. C’est scandaleux. Et le gouvernement fédéral contribue à la situation en n’envoyant pas un signal clair à l’effet qu’il y a des contrats qui s’en viennent pour le Québec», dénonce la présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches de la CSN, Ann Gingras.

Déjà, 400 travailleurs ont été renvoyés à la maison par la direction du chantier maritime de Lévis. 

Dans les prochaines heures, 400 autres devraient subir le même sort au moment où l’Asterix lèvera l’ancre pour la réalisation des essais en mer.

Il ne restera plus que les travaux de construction des deux traversiers destinés à la liaison entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine. 

«L’expertise est en train de se disperser», déplore Ann Gingras en signalant que les travailleurs qualifiés de Davie constituaient une belle prise pour les entreprises en raison des pénuries de main-d’oeuvre dans la région de Québec, principalement dans le secteur de la fabrication industrielle.

«Si nous avions un signal qu’il y aura bientôt des contrats pour nous, les travailleurs y penseraient à deux fois avant de changer d’employeur», témoigne Pierre Fortier, président du Syndicat des employés du corps de sécurité de Davie.

«D’un côté, Irving fait du lobbying pour faire mourir Chantier Davie et, de l’autre, il maraude les employés du chantier qui sont mis à pied. C’est scandaleux. Et le gouvernement fédéral contribue à la situation à n’envoyant pas un signal clair à l’effet qu’il y a des contrats qui s’en viennent pour le Québec», dénonce la présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches de la CSN, Ann Gingras.

Déjà, 400 travailleurs ont été renvoyés à la maison par la direction du chantier maritime de Lévis.  

Dans les prochaines heures, 400 autres devraient subir le même sort au moment où l’Asterix lèvera l’ancre pour la réalisation des essais en mer.

Il ne restera plus que les travaux de construction des deux traversiers destinés à la liaison entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine. 

«L’expertise est en train de se disperser», déplore Ann Gingras en signalant que les travailleurs qualifiés de Davie constituaient une belle prise pour les entreprises en raison des pénuries de main-d’oeuvre dans la région de Québec, principalement dans le secteur de la fabrication industrielle.

«C’est obscène»

«Si nous avions un signal qu’il y aura bientôt des contrats pour nous, les travailleurs y penseraient à deux fois avant de changer d’employeur», témoigne Pierre Fortier, président du Syndicat des employés du corps de sécurité de Davie.

La présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches fulminait, mercredi, à la suite de la visite, la veille, de la ministre fédérale des Services publics et de l’Approvisionnement, Carla Qualtrough, au chantier Irving Shipbuilding à Halifax. En compagnie du président de l’entreprise, Kevin McCoy, elle participait à une cérémonie de coupe d’acier pour marquer le début de la construction d’un navire de patrouille extracôtier et de l’Arctique.

Elle a indiqué qu’Irving pourrait décrocher d’autres contrats pour combler des creux de production au cours des prochaines années et ainsi éviter des mises à pied.

«C’est obscène !», s’emporte la syndicaliste en indiquant que la cour d’Irving Shipbuilding débordait de contrats. L’entreprise a obtenu le contrat de construction de six navires de patrouille extracôtier et de l’Arctique au coût de 3,5 milliards $ ainsi que celui de remplacer douze frégates et trois destroyers de la marine au coût estimé de 60 milliards $.

Pendant ce temps, Davie crie famine. Il n’a obtenu qu’un pour cent des contrats fédéraux de construction navale.

Au Soleil, mardi, le ministre régional, Jean-Yves Duclos, déclarait que la patience était de mise dans le cas de Davie.

«Nous sommes à bout de patience», répond Ann Gingras qui demande, encore une fois, aux députés libéraux du Québec à Ottawa d’agir pour faire en sorte que le Québec obtienne sa juste part des contrats fédéraux.

Loi sur la concurrence

Le ton monte également du côté des fournisseurs de Davie, affirme le président de la Fondation Chefs d’entreprise, Pierre Drapeau.

Plusieurs d’entre eux s’apprêtent à déposer une plainte en vertu de la Loi sur la concurrence.

Un avis juridique préparé par l’avocat André Joli-Coeur fait valoir que le Québec a été discriminé dans le processus d’attribution des contrats de construction navale et que les chantiers concurrents d’Halifax et de Vancouver ont fait des pressions pour écarter Davie du chemin.

«Les fournisseurs sont en furie et ils ont l’impression de s’être fait passer un sapin», clame M. Drapeau.  Avec La Presse canadienne