Davie: «deux poids, deux mesures», dénonce le syndicat

Ottawa a octroyé un contrat à Chantier Davie Canada pour la construction de deux traversiers, une bonne nouvelle pour les travailleurs de Lévis, mais le syndicat des travailleurs de la Davie dénonce les pourparlers sur les détails techniques avant d’officialiser le début des travaux.

Le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN) reproche au gouvernement canadien un «deux poids, deux mesures», alors qu’il n’y a pas eu de négociations lorsque des contrats ont été octroyés à Irving ou à Seaspan. 

«L’an passé, en janvier, Justin Trudeau avait annoncé la conversion de quatre brise-glaces et ça s’est réglé en septembre pour trois brise-glaces après une longue négociation. Il y a deux semaines, M. Trudeau a annoncé en Colombie-

Britannique l’octroi de 18 navires-assistances sans même cligner des yeux. Pas de négociation. Il y a toujours des étapes pour nous, alors que ça fait plusieurs années que des personnes ne travaillent pas», déplore la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches, Ann Gingras. 

Les deux nouveaux traversiers doivent remplacer le Madeleine, qui assure la liaison entre les Îles-de-la-Madeleine et Souris (Île-du-Prince-Édouard), et le Holiday Island qui relie Wood Islands (Î.-P.-É.) à Caribou, en Nouvelle-Écosse. Selon Mme Gingras, les négociations repoussent la mise en œuvre du chantier et la livraison, alors que les traversiers actuels sont en fin de vie. «Il faut 18 mois pour faire les plans et les devis et on rajoute les négociations là

dessus. On est content bien sûr des contrats, mais ce labyrinthe pour y arriver est frustrant», affirme-t-elle. 

Le syndicat reproche également à Ottawa de n’avoir toujours pas inclu le chantier maritime de Lévis dans la Stratégie nationale de construction navale du gouvernement fédéral. «On nous a dit qu’une décision serait prise d’ici fin juin. On est le 20 et on n’a toujours rien. Il faut que le processus soit lancé, sinon on risque de tomber dans la période électorale et de passer à la trappe», s’impatiente Ann Gingras.

Un brise-glace ?

Il y a une semaine, le chantier naval de Vancouver, Seaspan, a perdu le contrat de construction du prochain brise-glace de la Garde côtière, donné en 2011. «Ça devait être livré en 2017 au coût de 750 000 $. Ils n’ont même pas commencé la construction et le budget à ce jour est évalué à 1,3 milliard $», relate Ann Gingras. 

Pour la présidente, il serait normal que le chantier Davie hérite du contrat. «Davie a la capacité et l’expertise. Si on veut bien utiliser l’argent des contribuables tout en faisant travailler du monde, il n’y a que la Davie capable de faire le John Diefenbaker», assure-t-elle.