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En juin, l’association patronale estimait que 158 000 PME étaient à risque en raison de la crise sanitaire. C’est désormais 2,4 millions de postes qui pourraient disparaître si les propriétaires se tournent vers une faillite ou liquident leur entreprise.
En juin, l’association patronale estimait que 158 000 PME étaient à risque en raison de la crise sanitaire. C’est désormais 2,4 millions de postes qui pourraient disparaître si les propriétaires se tournent vers une faillite ou liquident leur entreprise.

Davantage d’entreprises envisagent de mettre la clé sous la porte, selon la FCEI

Julien Arsenault
La Presse canadienne
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MONTRÉAL — Sylvain Cholette n’a plus d’idées. Malgré les prêts d’urgence de Québec et d’Ottawa, cet exploitant d’une boutique d’articles de sport, qui ne peut plus recevoir de clients en raison des restrictions provoquées par la pandémie de COVID-19, est incapable d’écouler ses stocks et se demande si cela vaut la peine de continuer.

«Actuellement, la baisse du chiffre d’affaires est de plus de 90 %, s’est désolé jeudi le propriétaire de Volvox Sport, située à Montréal et qui comptait sept employés. Les stocks sont dans le sous-sol et ça ne bouge pas. Si le sport amateur ne reprend pas, je ne sais pas comment je vais continuer.»

Cette petite et moyenne entreprise (PME) fait partie des 239 000 qui pourraient être emportées par la crise sanitaire, selon les plus récentes données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui indiquent qu’un nombre grandissant d’entrepreneurs envisagent de jeter l’éponge.

D’après le plus récent coup de sonde mené auprès de 4129 de ses membres, un propriétaire sur six envisagerait de mettre la clé sous la porte, ce qui menace plus de 181 000 petites et moyennes entreprises (PME). À cela s’ajoutent 58 000 entreprises qui ne sont plus actives, identifiées par Statistique Canada en septembre dernier.

«Ce sont des données qui nous ont étonnés et qui sont inquiétantes, a lancé en entrevue le directeur principal de la recherche nationale pour la FCEI, Simon Gaudreault. On ne s’en va pas dans le bon sens.»

En juin, l’association patronale estimait que 158 000 PME étaient à risque en raison de la crise sanitaire.

Située dans les environs du Parc La Fontaine, la boutique de M. Cholette a tenté de se diversifier au cours de l’été en ajoutant à son offre des produits comme des disques volants et des jeux de pétanque alors que les consommateurs souhaitaient passer du temps à l’extérieur.

«Mais maintenant nous sommes fermés, a-t-il déploré. Nous sommes une entreprise familiale. C’était mon héritage pour eux, mais cela va finir en calvaire parce qu’il n’y a plus d’activité.»

Beaucoup d’emplois

C’est désormais 2,4 millions de postes qui pourraient disparaître si les propriétaires se tournent vers une faillite ou liquident leur entreprise. Les projections les plus pessimistes peuvent atteindre jusqu’à 3 millions de postes.

Malgré les espoirs suscités par un vaccin contre le nouveau coronavirus, cela ne semble pas suffisant pour remonter le moral des entrepreneurs, qui, selon M. Gaudreault, ont vu leur marge de manoeuvre, parfois bien mince, fondre comme neige au soleil depuis l’an dernier.

«Au début, il y avait beaucoup de programmes qui étaient offerts par l’entremise de prêts, a-t-il souligné. Les réserves de liquidités ont diminué alors que l’endettement a augmenté pour plusieurs. Oui il y a de l’espoir avec le vaccin, mais en attendant, vous avez moins de ressources.»

Sans surprise, ce sont dans les secteurs comme la restauration et l’hébergement que les projections sont les plus pessimistes.

Un peu mieux

Au Québec, environ 11 % des PME sont considérées à risque de fermer en raison de la crise sanitaire, ce qui représente l’endroit au Canada, avec la Nouvelle-Écosse, où cette proportion est la moins élevée. À l’inverse, l’Alberta (22 %) et l’Ontario (20 %) occupent le haut du classement.

«L’économie allait bien au Québec au moment de l’arrivée de la pandémie, a dit M. Gaudreault. Peut-être que les fondations de la province étaient plus solides.»

Néanmoins, dans la province, seulement 44 % des entreprises sont complètement ouvertes, 33 % ont tous leurs employés et 25 % enregistrent des ventes qualifiées de «normales».

Parallèlement aux programmes fédéraux comme la subvention salariale et l’aide aux loyers, le Québec s’est également montré plus interventionniste qu’ailleurs, a fait remarquer le représentant de la FCEI, en évoquant notamment le Programme actions concertées pour le maintien en emploi (PACME).

Tout en saluant la rapidité avec laquelle des programmes d’aide ont été mis sur pied par les gouvernements, M. Gaudreault a expliqué que ceux-ci pouvaient continuer d’être améliorés afin de faciliter l’accès aux PME, qui n’ont pas toujours les ressources à leur disposition pour remplir toute la paperasse nécessaire.

Une prolongation des périodes de remboursement pour les prêts serait bien accueillie par la FCEI, a-t-il également dit.