Dans un document déposé auprès de la Cour supérieure du Québec plus tôt ce mois-ci, les plaignants reprochent entre autres à l’entreprise sa gestion déficiente d’un fonds publicitaire financé par les franchisés.

D’actuels et ex-franchisés poursuivent Second Cup

Un groupe de franchisés de Second Cup a décidé de poursuivre la chaîne canadienne de cafés en difficultés en alléguant que des décisions de la société leur ont porté préjudice.

Dans un document déposé auprès de la Cour supérieure du Québec plus tôt ce mois-ci, les neuf franchisés et ex-franchisés dressent une longue liste de reproches visant l'entreprise et réclament 2,7 millions $, ou 300 000 $ par plaignant.

Les allégations n'ont toutefois pas encore été prouvées devant un tribunal et Second Cup, ainsi que son avocat, n'ont pas voulu commenter.

«Second Cup n'a pas l'habitude de commenter des dossiers qui se trouvent devant les tribunaux, particulièrement lorsque les procédures viennent de débuter», a écrit la porte-parole Ali Azzopardi dans un courriel.

Contrairement à la compagnie, qui a pu constater des changements positifs alors qu'elle tente de reconquérir les consommateurs, les franchisés continuent de souffrir, avance la poursuite.
«Au contraire, pendant ces trois années, les (revenus) des franchises n'ont cessé de décliner», peut-on lire.

Au troisième trimestre terminé le 29 septembre, Second Cup avait affiché un bénéfice de 766 000 $, soit 4 cents par action, par rapport à une perte de 2,96 millions $, soit 19 cents par action, à la même période il y a un an.

Les plaignants reprochent à Second Cup sa gestion déficiente d'un fonds publicitaire financé par les franchisés. Ces derniers doivent verser de deux à trois pour cent de leurs recettes dans ce fonds.

«À leur connaissance, Second Cup n'utilise pas cet argent de façon adéquate pour faire de la publicité et est en défaut de remplir ses obligations contractuelles à cet égard», avance la poursuite.

Le groupe avance également que Second Cup a forcé les franchisés à s'endetter afin d'acquérir de l'équipement, notamment pour vendre le yogourt glacé de la marque Pinkberry, ce qui ne s'est pas traduit par une augmentation de leurs recettes.

Second Cup avait signé une entente avec Pinkberry en septembre 2017 pour déployer cette marque dans ses cafés après avoir testé le concept dans quatre de ses établissements pendant l'été. 

Les produits de cette marque étaient disponibles dans 84 magasins canadiens en date du 5 novembre. Selon l'entreprise, le yogourt glacé contribue fortement à la croissance de ses ventes et de ses transactions, dans l'ensemble.

Pris à la gorge

Dans la poursuite, les plaignants affirment que les «franchisés déjà pris à la gorge et nageant dans les dettes devaient soudainement s'endetter encore».

«Non seulement l'augmentation du chiffre d'affaires des franchises n'a pas été au rendez-vous, mais il s'est avéré que les clients de Second Cup achetaient ou bien du café, ou bien un smoothie Pinkberry, mais pas les deux», est-il écrit.

Les plaignants évoquent également d'autres problèmes, dont l'obligation d'acheter des produits à un prix «bien supérieur» à ce qu'il vaut sur le marché, des ruptures de stock dues à des changements de fournisseurs et une qualité «problématique» des aliments.

Chaque plaignant demande 225 000 $ afin de couvrir des pertes de revenus sur trois ans ainsi qu'un montant de 75 000 $ pour des sommes payées «en vain» pour de la publicité.

Cette poursuite découle d'une requête qui avait initialement été déposée par un franchisé contre la chaîne de cafés. Par la suite, huit autres plaignants ont demandé à faire partie de ce recours juridique.

Second Cup a déposé un document la semaine dernière dans lequel la société affirme que les demandeurs supplémentaires devaient être traités séparément de la première demande étant donné que chaque requête est «extrêmement spécifique».

La chaîne a récemment mis de l'avant une révision stratégique de ses activités en plus d'annoncer un plan visant à vendre du cannabis récréatif. En outre, l'entreprise a annoncé qu'elle transformait actuellement deux magasins de l'Alberta en dispensaires de cannabis à usage récréatif, dans le cadre de sa coentreprise avec National Access Cannabis, annoncée en avril.

De nombreux autres emplacements en Ontario sont considérés comme attrayants pour de telles conversions, selon la compagnie.