La production de fraises à l’Île d’Orléans devrait être correcte cette année, sans battre toutefois des records.
La production de fraises à l’Île d’Orléans devrait être correcte cette année, sans battre toutefois des records.

Culture des fraises: moins de travailleurs étrangers, mais pas de «catastrophe» en vue

On attendait quatre travailleurs latino-américains à la Ferme Genest, mais aucun ne s’est encore présenté. Quant aux Fraises de l’Île d’Orléans et à la Ferme Gosselin, seulement 70 % et 80 % des travailleurs étrangers sont arrivés, respectivement. Avec la saison des fraises qui débute, les producteurs de la région sont toutefois optimistes. Ils gardent espoir que la récolte et la météo seront au rendez-vous.

«Près de 80 % des travailleurs étrangers qu’on embauche sont arrivés ou sont en voie de l’être dans les prochains jours», confirme Louis Gosselin, propriétaire de la Ferme François Gosselin sur l’Île d’Orléans. Ce pourcentage est pourtant bien au-dessus des 50 % que lui avaient prédit les agents de liaison au début de la crise. «Ç’aurait été une catastrophe, croit-il, mais il y a eu beaucoup d’efforts au niveau des instances gouvernementales d’ici et d’ailleurs.»

Même son de cloche du côté de Louis Gauthier, directeur général des Fraises de l’Île d’Orléans, où seulement 70 % de la main-d’œuvre étrangère est au travail. Ce dernier rappelle que faire venir des travailleurs étrangers, notamment en cette période de crise, a été difficile. Pour les travailleurs latino-américains arrivés, les mesures se sont bien déroulées: «Toutes les quarantaines se sont bien passées et on prend la température de nos travailleurs tous les jours.» De plus, grâce à un effort de recrutement, il a réussi à embaucher une trentaine de personnes de la région, principalement des étudiants ayant perdu leur emploi saisonnier.

Louis Gosselin, propriétaire de la Ferme François Gosselin sur l’Île d’Orléans confirme que près de 80 % des travailleurs étrangers qu’il embauche normalement sont arrivés ou sont en voie de l’être dans les prochains jours.

«Tout devrait bien se passer, mais pas sans heurts»

«La production va être correcte, sans battre des records, affirme M. Gauthier, mais c’est sûr qu’avec 20 % de main-d’œuvre en moins, on va en ramasser 20 % de moins.» Les Fraises de l’Île d’Orléans a toutefois planté le même nombre de fraisiers qu’à l’habitude, «en espérant que tout se déroule bien cette année».

Quant à Laura Genest, propriétaire de la Ferme Genest sur l’Île d’Orléans, elle attendait quatre travailleurs étrangers cet été, mais aucun ne s’est encore pointé, «car les papiers sont plus longs à obtenir». Pour pallier ce manque, elle a transféré ses employés du kiosque au travail aux champs. Elle admet qu’au courant de l’été, elle va devoir les «rapatrier» au kiosque. En attendant la venue des travailleurs étrangers, Mme Genest «espère trouver d’autres solutions».

Des «pertes majeures» ne sont pas prévues chez La Ferme Gosselin non plus, où 1 million de kilos sont récoltés chaque année. Le propriétaire assure qu’ils devraient réussir à cueillir la majorité des fraises. «C’est sûr qu’on ne peut pas dire qu’il n’y a aucun problème, car on n’a jamais trop de travailleurs. Des pertes il y en a toujours, mais on ne prévoit pas de catastrophes», assure-t-il.

Quant à Mme Genest, elle croit ressentir moins cette perte, puisqu’une grande partie de sa récolte est de l’autocueillette. Elle distribue aussi à son kiosque et à des restaurants, mais ne fournit pas les marchés d’alimentation.

Les producteurs à qui nous avons parlé sont unanimes, ils espèrent aussi des conditions météorologiques favorables. «Les pertes sont inévitables, mais elles sont souvent causées par la météo et moins par le manque de main-d’œuvre», estime Mme Genest. «Mais j’ai foi en Dame Nature», conclut-elle.

La récolte des fraises se déroule de juin à la mi-octobre. Selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), le Québec est la première province productrice de fraises au Canada. Sur l’ensemble des producteurs de fraises et de framboises, 28 % des producteurs de fraises se trouvent dans la région de la Capitale-Nationale.