Le crabe des neiges transformé à Grande-Rivière vient d’une zone de capture, celle du sud du golfe Saint-Laurent, qui devrait bénéficier d’une hausse de contingent de 35 % en 2019.

Crustacés de Gaspé: pas de boulot en 2019

La direction de l’usine Crustacés de Gaspé annonce la fermeture pour l’année 2019 de ce complexe de transformation de crabe des neiges situé à Grande-Rivière. Cette usine employait 80 personnes en 2018.

La direction de la société-mère de Crustacés de Gaspé, Unipêche MDM, de Paspébiac, invoque l’impossibilité de rentabiliser l’usine de Grande-Rivière au cours des quatre dernières années comme un élément ayant joué un rôle dans la décision de fermeture.

De plus, «la fermeture de zones de pêche en 2018, en raison de la présence des baleines noires, rendait les perspectives encore plus sombres en 2019» affirme le directeur général d’Unipêche MDM, M. Gino Lebrasseur.

«Cette année, avec les glaces, il pourrait y avoir seulement sept à huit semaines de pêche. On ne peut assurer assez de travail, d’où la difficulté de recrutement. Il n’y a pas d’autres espèces transformées à Grande-Rivière. On était pris dans les programmes de formation de main d’œuvre pour occuper nos travailleurs», ajoute-t-il.

Il ne décrète pas pour autant la fermeture définitive de l’usine, bien qu’il dise que «notre idée n’est pas de l’ouvrir l’an prochain non plus. Pour le moment, nous travaillons avec Emploi-Québec pour replacer tous nos travailleurs dans d’autres usines», note-t-il.

Le manque de main-d’œuvre facilite la tâche d’Unipêche MDM. Une vingtaine d’employés auraient déjà trouvé du travail ailleurs.

L’usine de Grande-Rivière comptait 80 employés et ne transformait que le crabe des neiges.

Avant la syndicalisation

Les employés de Crustacés de Gaspé s’étaient regroupés en 2018 pour former un syndicat affilié à Unifor et ils tentaient de négocier une première convention collective depuis quelques mois. Leur représentant, John Caluori, croit fermement que cette syndicalisation des employés a joué un rôle majeur dans la décision de fermer l’usine.

«On pense que c’est un coup de cochon pour sortir le syndicat de l’usine», affirme M. Caluori, soulignant qu’une rencontre de négociations était prévu lundi. Le syndicat a été avisé de la fermeture le jeudi 14 mars.

Le crabe des neiges transformé à Grande-Rivière vient d’une zone de capture, celle du sud du golfe Saint-Laurent, qui devrait bénéficier d’une hausse de contingent de 35 % en 2019. De plus, le prix du crabe au débarquement est supposé être élevé cette année, dans les mêmes paramètres qu’en 2018, une excellente année en ce sens.

«Il n’y a pas de moratoire, et on n’est pas dans un milieu en crise! On ne fait pas face à une usine vétuste. La compagnie a mis de l’argent pour (assurer) la traçabilité des produits. Ça se sent, quand il y a un désinvestissement, et ce n’était pas le cas (…) Ils (les dirigeants) avaient dit le 25 février qu’ils démarreraient l’usine cette année, et qu’il fallait se mettre à table pour le rappel des travailleurs, puisqu’on voyait qu’on n’arriverait pas à terminer la négociation de convention collective avant», analyse M. Caluori.

Il a rencontré les ouvriers lundi afin de les supporter dans les étapes à venir.

«Décision d’affaires»

De son côté, Gino Lebrasseur assure que la décision d’Unipêche MDM n’est pas antisyndicale. «C’est une décision d’affaires, économique», dit-il.

Le volume de crabe traité à Grande-Rivière s’est établi à 800 000 livres en 2018, sous le seuil de rentabilité. Le crabe livré en 2019 sera acheminé à la grande usine de Paspébiac, «qui n’a pas fonctionné à capacité non plus l’an passé», note M. Lebrasseur. Environ 300 personnes travaillent au complexe de Paspébiac.