La coprésidente et propriétaire du Groupe Germain Hospitalité, Christiane Germain, ne croit pas que l'industrie hôtelière vit une période de crise.

Crise dans l'hôtellerie québécoise: pas d'impact pour le Groupe Germain

Alors que plusieurs parlent d'une crise dans le monde de l'hôtellerie québécoise, le Groupe Germain Hospitalité, lui, continue de faire des petits. Trois hôtels Alt d'environ 150 chambres sont au menu, l'un à Montréal qui ouvrira ses portes en mars, et deux autres à Winnipeg et à Ottawa, en plus des nombreux projets qui traînent dans les cartons de l'entreprise.
«On est actuellement en train de faire du démarchage dans certaines villes canadiennes afin de continuer à nous développer» a soutenu Christiane Germain coprésidente et propriétaire du Groupe Germain Hospitalité, le groupe hôtelier qui a lancé, à la fin des années 80, le concept des hôtels-boutique Le Germain et qui a créé au milieu des années 2000 une nouvelle chaîne d'hôtels, les hôtels Alt.
Québec pourrait-elle voir s'ériger un nouvel hôtel? «Pas pour l'instant», a précisé Mme Germain, qui possède déjà deux établissements dans la région. «Ce n'est pas dans nos plans, mais on sait jamais!»
L'entreprise québécoise, qui a investi entre 27 millions $ et 30 millions $ pour chacun de ses trois nouveaux hôtels, n'a jamais songé à reprendre le Loews Le Condorde à Québec qui a fermé ses portes mercredi. «Le Loews Le Concorde n'était tout simplement pas quelque chose qui nous intéressait», a affirmé au Soleil Mme Germain.
Taux d'occupation à 55 %
Depuis quelques années, plusieurs hôteliers québécois peinent à rentabiliser leurs établissements sur une base annuelle. Le taux d'occupation des hôtels serait maintenant de 55 % au Québec. Au pays, le taux d'occupation s'établit plutôt à 62 %.
Pour la coprésidente de l'entreprise de Québec, les fermetures notamment du Delta Centre-Ville et du Maritime Plaza à Montréal, de l'Hôtel des Seigneurs Saint-Hyacinthe et de La Sapinière dans les Laurentides ne signifient pas pour autant que l'hôtellerie vit une période de crise.
«Ce n'est pas mon opinion [qu'il y ait une crise], car on continue de construire des hôtels. Si on pensait que l'industrie hôtelière va mal, on ne construirait pas d'autres hôtels», a expliqué la femme d'affaires. «2013 a été l'une des meilleures années sur le plan touristique à Montréal. Il ne faut pas confondre, il y a des hôtels qui ne ferment pas parce que l'industrie va mal, c'est plutôt parce que des propriétaires de bâtisses décident de vendre et tout simplement les acheteurs décident de changer la vocation du bâtiment. Ce n'est pas toujours une décision qui est directe avec l'achalandage d'une région.»
L'Association des hôteliers du Québec avance que près de 200 établissements hôteliers ont fermé leurs portes au cours des trois dernières années au Québec, entraînant la disparition de plus de 3000 chambres.