Cri du cœur de l’industrie québécoise des expositions [VIDÉO]

Myriam Boulianne
Myriam Boulianne
Le Soleil
La situation des professionnels en exposition québécois est «précaire et alarmante» depuis mars. Pour améliorer les choses, l’association qui les soutient demande au gouvernement d’autoriser les expositions où la distanciation de deux mètres est possible.

«On demande au gouvernement et à la santé publique de faire une distinction claire entre les expositions et les rassemblements», a affirmé le président de l'Association des professionnels en exposition du Québec (APEQ), Dominique Gagnon, lors d'une conférence de presse au Château Laurier, mercredi matin.

«Plus précisément, nous demandons à la santé publique de retirer les expositions de la liste d’entreprises actuellement soumises à des restrictions de rassemblement à l’intérieur et d’autoriser les expositions à admettre le nombre de clients permettant une distanciation physique de deux mètres entre les clients», a ajouté le promoteur Yves Watier.

L’annulation de rassemblements intérieur et extérieur jusqu’au 31 août, décrétée par le gouvernement provincial, a touché 225 salons d’exposition, selon l’APEQ.

L’Association estime que le secteur de l’exposition fera face à des pertes de plusieurs centaines de millions $, en plus de milliers d’emplois. «Ces pertes, elles sont définitives et elles risquent de s’accroître», s’inquiète M. Gagnon.

Selon ce dernier, l’annulation des expositions génère plusieurs pertes pour tous les acteurs de l’industrie, soit les promoteurs, les locateurs de salles ainsi que les fournisseurs de produits, d’équipements et de services. «Tous ces gens-là souffrent énormément présentement. Notre industrie a besoin d’une date de réouverture pour assurer l’avenir des salons et expositions au Québec.» 

Selon l’APEQ, plus de 2000 événements d’affaires ont lieu par année, engendrant plus de 100 millions $ en retombées directes par les salons. Dans son ensemble, l’industrie des expositions touche 33 750 PME québécoises.

«Notre industrie représente un bel exemple de Panier Bleu. Elle fait travailler des Québécois dans des salles, des hôtels et des restaurants québécois, tout en contribuant fortement à l’activité économique de notre province», soutient le président de l’APEQ.

«On peut faire mieux que les centres commerciaux»

De plus, l’APEQ ne comprend pas pourquoi les centres commerciaux n’ont pas été catégorisés comme des rassemblements intérieurs. «Les expositions sont des marchés où les clients viennent acheter des produits et des services auprès des membres, [au même titre que les entreprises se situant dans les centres commerciaux]. Notre objectif imite celui de ces établissements, soit de faciliter le commerce», lance M. Watier. 

L’APEQ dit être prête pour une «relance sécuritaire» pour ses visiteurs, ses employés et ses partenaires dès septembre 2020. Elle souligne d’ailleurs que certaines mesures sanitaires et de distanciation sociale ont déjà été approuvées par la santé publique.

Ce dernier ajoute que, contrairement aux centres commerciaux et aux grandes surfaces, les expositions ont lieu dans des espaces massifs qui offrent une grande souplesse d’aménagement et de distanciation physique. Il y est aussi possible de créer des flux de circulation à sens unique et des allées plus larges. De plus, les promoteurs d’expositions peuvent fonctionner avec une seule entrée et une seule sortie, ce qui permet de limiter et contrôler le nombre de visiteurs à l’intérieur. 

«Québec devrait reconnaître que les expositions ne sont pas des rassemblements de masse», réitère M. Watier.