Michelle Secours, propriétaire de Frëtt Design
Michelle Secours, propriétaire de Frëtt Design

COVID-19: une firme gaspésienne s'associe avec une autre de Beauce pour fabriquer des masques

Gilles Gagné
Gilles Gagné
Collaboration spéciale
CAPLAN — Une entreprise gaspésienne, Frëtt Design, de Caplan, et une firme beauceronne, Confections C. Cliche, de Saint-Odilon, s’associent pour produire initialement des masques barrières de prévention communautaire et éventuellement des masques chirurgicaux, afin de répondre à des besoins associés à la pandémie de COVID-19.

Plusieurs dizaines de couturières d’expérience de la Gaspésie, de Beauce et du Bas-Saint-Laurent se joignent à ces deux firmes pour faire une partie du travail dans leur maison. Pour le moment, une soixantaine de couturières sont mobilisées pendant que des prototypes de masques sont soumis à des tests à l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail.

L’atelier de Confections C. Cliche jouera un rôle majeur dans cette production puisque cette firme est déjà équipée d’un atelier capable de fabriquer de bons volumes de masques.

«On a 15 couturières en Gaspésie, de 15 à 20 dans l’atelier de Confections C. Cliche, 10 au Bas-Saint-Laurent en plus de celles de la Beauce qui ne sont pas en atelier. On est en rodage, mais je prévois qu’il sera possible de produire de 5000 à 10 000 masques par semaine chez les couturières. En Beauce, il (C. Cliche) va se mailler avec d’autres ateliers. Dans notre vision, ils produiront 10 000 masques de plus par semaine», explique Michelle Secours, propriétaire de Frëtt Design.

«S’il faut plus, ça peut monter vite à 20 000 ou 30 000 masques par semaine éventuellement. On va voir», ajoute-t-elle.

Frëtt Design et Confections C. Cliche travaillaient ensemble depuis quatre ans quand l’économie du Québec a été en grande partie mise en veilleuse, le 23 mars. Cette bombe dans les plans des deux firmes se transforme depuis en appel à l’imagination pour qu’elles survivent et contribuent à atténuer la vulnérabilité québécoise dans le domaine du textile de soins de santé.

«C’est incroyable. Nous sommes très dépendants des pays producteurs de matières, les asiatiques et les américains. Ceux qui paient le gros prix sont servis en premier. Il faut payer sur-le-champ», précise Michelle Secours.

Le masque communautaire de Frëtt Design n’a pas besoin d’homologation de la part des autorités réglementaires, mais la batterie de tests auxquels l’Institut de recherche Robert-Sauvé le soumet mènera à des commandes.

«On a eu des commandes pour 3000 masques en quatre heures aujourd’hui. On devrait aller en chercher d’autres pour de 15 000 à 20 000 en attendant le laboratoire, même si ce modèle n’est pas homologué et qu’il n’en a pas besoin. On en a 1000 de faits et je suis assez confiante que demain [mardi], on devrait avoir d’autres commandes de 3000 à 5000 masques. Les commandes viennent de M. et Mme Tout-le-Monde, de la SQ [Sûreté du Québec], des usines qui veulent protéger leurs employés et de gens, comme les ostéopathes, qui doivent être proches de leurs clients», dit Mme Secours.

Le prix unitaire se situe à 17 $ pour les commandes de moins de 50. «Il peut durer 10 ans s’il est bien entretenu. Il est lavable. Le prix diminue à 16 $, puis à 14,50 $ et 12,50 $ selon les quantités. Une partie des profits est versée à Deuil-jeunesse», spécifie-t-elle.

Les masques chirurgicaux sont aussi dans les plans de Frëtt Design et de Confections C. Cliche. «C’est lui qui demande une coche plus technique. On n’est pas rendus là encore, mais ça viendra. Il faut une homologation», note Mme Secours.

La valeur de l’investissement est en évolution, tout comme les tentatives d’obtenir une subvention.

«On essaie. Il y a déjà 60 personnes au travail. Ça évolue très vite», conclut-elle.