Transat A.T. avait déjà signalé, en septembre dernier, qu’il pourrait éventuellement y avoir jusqu’à 2000 licenciements.
Transat A.T. avait déjà signalé, en septembre dernier, qu’il pourrait éventuellement y avoir jusqu’à 2000 licenciements.

COVID-19: moins d’agents de bord chez Air Transat le mois prochain

La Presse Canadienne
MONTRÉAL — En l’absence d’une reprise du nombre de voyages, Air Transat aura besoin d’un moins grand nombre d’agents de bord dans ses avions, ce qui se traduira par de nouvelles mises à pied, déplore le syndicat qui représente ces derniers.

Dans un communiqué publié vendredi, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a souligné que l’effectif passera sous la barre des 160 agents de bord en novembre, alors qu’on en comptait environ 355 en août dernier, dans la foulée de la relance progressive des activités du transporteur aérien.

Air Transat compte environ 2000 agents de bord en «temps normal», a souligné le syndicat. La plupart sont en congé forcé. La pandémie de COVID-19 avait contraint Transat A.T. à interrompre temporairement ses activités du 1er avril jusqu’au 23 juillet.

Le porte-parole de la société mère du transporteur, Christophe Hennebelle, a expliqué qu’au moment de relancer les activités, en juillet, on s’attendait à une réouverture rapide des frontières. Or, il est impossible de savoir quand cela surviendra, a-t-il ajouté.

D’après le syndicat, la base de Vancouver d’Air Transat sera complètement fermée jusqu’à nouvel ordre.

Par ailleurs, le SCFP a interpellé le gouvernement Trudeau en l’exhortant à déployer un système de dépistage rapide de la COVID-19 dans les aéroports à travers le pays.

«Toutes nos informations nous indiquent que la reprise des activités d’Air Transat a eu lieu en toute sécurité pour les passagers et le personnel, a souligné la représentante syndicale Julie Roberts. En se dotant d’un système de dépistage rapide avec résultats avant l’embarquement, on ajouterait un élément crucial de relance de l’industrie aérienne. Nous nous attendons donc à un plan de dépistage musclé du fédéral.»

En l’absence d’une aide gouvernementale et du maintien des restrictions actuelles à l’endroit des voyages internationaux, Transat A.T. avait déjà signalé, en septembre dernier, qu’il pourrait éventuellement y avoir jusqu’à 2000 licenciements.

Parallèlement à une importante révision à la baisse du prix de la transaction, le nouvel arrangement entre Transat A.T. et Air Canada contient une clause obligeant le voyagiste à rationaliser son effectif avant de passer sous l’aile du plus important transporteur aérien au pays.

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Transport aérien : après un été chagrin, l’hiver sera rude

PARIS — La reprise espérée du trafic aérien à l’automne a fait long feu. Avant l’hiver qui s’annonce rude, les compagnies aériennes appellent à l’aide, réduisent leurs coûts, licencient, ou tentent le système D pour survivre à la COVID-19.

«On est dans une course contre le temps. La variable c’est le cash, les entreprises meurent par le cash […] il faut aller vite, très très vite», estime Stéphane Albernhe, managing partner au cabinet Archery Strategy Consulting, alors que la saison d’hiver qui débute le 25 octobre et s’achève fin mars pour le transport aérien sera, selon toute probabilité, très mauvaise.

Avec une baisse des recettes au premier semestre de près de 80 % par rapport à l’année dernière, les caisses des compagnies ont continué à se vider pour financer des coûts fixes élevés, selon l’Association internationale du transport aérien (Iata).

Après une légère embellie en juillet, le trafic s’est à nouveau ralenti en septembre et les réservations pour le dernier trimestre annoncent une fin d’année plus que morose avec un recul de 78 % par rapport à l’an dernier, selon l’Iata.

Le retour espéré à la rentrée des voyageurs à forte valeur ajoutée de la classe affaires n’a pas eu lieu. Les réunions par vidéo, expérimentées à grande échelle pendant le confinement, restent un moyen sûr de travailler sans s’exposer à un quelconque risque.

Et rien n’y fait, même si constructeurs et transporteurs clament en choeur que la superposition de mesures de sécurité sanitaire pour les passagers (distanciation, masques, dématérialisation des procédures, désinfections...) conjuguée à des systèmes de pointe pour la ventilation et la filtration de l’air des cabines, mettent les passagers à l’abri d’une contamination.

«Le risque de contracter la COVID au cours d’un voyage [en avion] est vraiment très, très faible», assure le docteur David Powell, consultant médical pour l’Iata.

Après une légère embellie en juillet, le trafic s’est à nouveau ralenti en septembre et les réservations pour le dernier trimestre annoncent une fin d’année plus que morose avec un recul de 78 % par rapport à l’an dernier, selon l’Iata.

Pour le secteur, «la clé» d’un retour des passagers en toute confiance réside dans le déploiement à grande échelle de tests avant embarquement, comme alternative à une quarantaine à l’arrivée.

Des expériences sont déjà en cours à Milan, Rome, Francfort, Bruxelles et Londres, mais aussi dans les pays du Golfe, entre Hawaï et les États-Unis continentaux, au Canada, en Asie, à Bogota, ou encore à l’aéroport de Guarulhos-São Paulo au Brésil, selon l’Iata et l’organisation d’aéroports ACI.

Hong Kong et Singapour ont annoncé jeudi un accord de principe pour former ensemble une «bulle» qui permettrait à leurs résidents de voyager librement, sans quarantaine, entre les deux villes, à condition de présenter un test négatif au coronavirus.

Plateau-repas

En attendant une généralisation des tests, l’Iata ne cesse de tirer la sonnette d’alarme: avec une activité qui reste en panne, les compagnies ont besoin d’aides gouvernementales supplémentaires.

Pour garder la tête hors de l’eau, elles ont déjà obtenu, selon l’organisation, 160 milliards $US de soutien public à travers des aides directes, des prêts, des mesures salariales et des allègements ou assouplissement fiscaux.

Mais en l’absence des réserves habituellement constituées pendant la dynamique période estivale, les compagnies «n’y arriveront pas cet hiver», a prévenu le directeur général de l’Iata Alexandre de Juniac.

Aux États-Unis, United Airlines et American Airline ont mis au chômage technique 32 000 employés au total au début du mois, faute d’accord politique à Washington sur un nouveau soutien au secteur aérien, après l’arrêt fin septembre d’un dispositif qui permettait de continuer à payer les salariés.

Ryanair, qui n’a pas touché d’aide, a annoncé jeudi qu’elle réduisait ses capacités de 60 % par rapport à l’hiver dernier, contre 40 % initialement prévu, et fermait ses bases de Cork et Shannon, en Irlande, et celle de Toulouse, en France pour cette saison.

En Asie, des compagnies bricolent des offres pour renflouer leurs caisses.

En Australie, au Japon et à Taïwan, plusieurs ont proposé des «vols vers nulle part» qui partent et atterrissent au même aéroport, suscitant de vives critiques des défenseurs de l’environnement.

Et Singapore Airlines propose de dîner à bord d’un A380 immobilisé sur le tarmac, pour un prix allant de 33 à 400 euros (51 à 620 $). Avec un succès «extraordinaire», selon la compagnie, qui livre aussi des plateaux-repas à domicile./SONIA WOLF, AGENCE FRANCE-PRESSE