Deux employés d'un bar de Toronto préparaient une commande d'épicerie, samedi.
Deux employés d'un bar de Toronto préparaient une commande d'épicerie, samedi.

COVID-19: des messages contradictoires au sujet de la relance de l'économie

OTTAWA — Les citoyens des deux plus grandes provinces du pays devraient prendre connaissance, cette semaine, des plans de relance établis par les gouvernements du Québec et de l'Ontario en vue de mettre fin progressivement au confinement.

De nouvelles mises en garde ont fait surface, dimanche, contre le risque de faire miroiter des attentes irréalistes à la population. Les autorités de santé publique de tout le pays ont rapporté un total de 1200 nouveaux cas de contamination à la COVID-19 et au moins 95 nouveaux décès.

En Ontario, le gouvernement a confirmé que les écoles allaient demeurer fermées au moins jusqu'à la fin du mois de mai.

On observe tout de même un sentiment de changement alors que pour une rare fois, dimanche, la grande majorité des dirigeants politiques fédéraux et provinciaux n'ont pas fait de sortie médiatique. Un silence d'autant plus étonnant à l'aube d'une semaine qui s'annonce particulièrement importante dans la lutte contre la pandémie.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a annoncé qu'il présenterait cette semaine la stratégie de relance des activités économiques et sociales de la province.

Son homologue de l'Ontario, Doug Ford, se prépare lui aussi à dévoiler le cadre de son projet de réouverture de l'économie en début de semaine.

Les deux provinces qui comptent le plus de cas de contamination à la COVID-19 vont emboîter le pas à la Saskatchewan, à l'Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick qui ont déjà fait connaître leur plan pour un retour à un semblant de vie normale.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a discuté avec les dirigeants des provinces vendredi. Il a tenu à rappeler que les stratégies de relance ne doivent pas s'appuyer sur le principe d'immunité collective puisqu'aucune preuve scientifique ne permet encore de confirmer qu'une personne guérie de la COVID-19 devient de facto immunisée.

L'expert en matière de maladies infectieuses de l'Université de Toronto, David Fisman, compare les plans de déconfinement à un gradateur qui permet d'augmenter lentement l'intensité de l'éclairage.

«On ne peut pas juste faire on et off avec la distanciation physique, mais économiquement et psychologiquement, on doit déterminer ce qu'il est possible de rouvrir ou pas», a-t-il expliqué dans une série de messages publiés sur Twitter.

Par exemple, les commerces et les services qui ne causent pas de rassemblements importants pourraient reprendre leurs activités en respectant les mêmes consignes de prévention que les services essentiels.