Le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné  
Le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné  

COVID-19: demandes patronales et syndicales pour désengorger l’assurance-emploi

MONTRÉAL - Devant l’afflux subit de demandes d’assurance-emploi, à cause de la crise du coronavirus, tant des employeurs que des syndicats demandent au fédéral de verser plutôt l’argent aux entreprises, qui se chargeront ensuite de verser les prestations à leurs travailleurs mis à pied.

Les plus récentes statistiques faisaient état d’un million de chômeurs au pays. Et c’était avant les dernières annonces de fermetures temporaires ordonnées lundi par le premier ministre François Legault.

En entrevue mardi, le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné, a aussi demandé au premier ministre Legault de faire pression à cet effet sur le gouvernement fédéral pour que cette mesure d’urgence soit adoptée.

«Les employeurs sont au courant de qui est mis à pied. Ils connaissent la masse salariale. Nous, on dit: «que le fédéral fasse un chèque à l’entreprise et elle versera ensuite le montant aux employés». Sinon, avec l’engorgement des lignes, ça peut prendre deux ou trois heures, puis des délais de six semaines» avant d’obtenir un chèque, justifie M. Gagné.

Les travailleurs mis à pied ne peuvent attendre plusieurs semaines avant de payer leur loyer, leur hypothèque, leurs mensualités de voiture, leur compte d’électricité, rappelle le dirigeant syndical.

La veille, c’était la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qui se faisait la porte-parole d’employeurs pour solliciter semblable mesure.

«Nous demandons aux gouvernements d’adopter rapidement des mesures similaires à celles mises en place dans les États européens, qui permettent de verser des subventions salariales directement aux entreprises. Ces subventions atteignent de 80 à 95 pour cent de la rémunération, selon les pays. Une telle approche offre aussi l’avantage de maintenir le lien d’emploi entre les travailleurs et leur employeur, ce qui élimine les traitements administratifs liés aux mises à pied et à l’inscription à l’assurance-emploi et, de façon très stratégique, facilitera la réintégration progressive des travailleurs lorsque la situation le permettra», avait expliqué son président Michel Leblanc.

Interrogé à ce sujet, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, n’a pas répondu directement à la question. Il s’est toutefois dit conscient du fait que les Canadiens ont des paiements urgents à faire et qu’ils ont besoin d’argent pour ce faire. «Nous reconnaissons que des gens sont inquiets.» Il a ajouté qu’aucune mesure n’était exclue.