«On va s'attaquer à ce problème. On ne peut plus laisser passer ça», a lancé le président du Conseil central, Guillaume Tremblay, à propos de cette réalité vécue dans la plupart des chantiers de construction de la région.

Côte-Nord: la CSN veut s'attaquer au fly in/fly out

Les dossiers chauds ne manqueront pas en 2014 pour le Conseil central Côte-Nord de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). L'un d'entre eux concerne le fly in/fly out, qui fait mal à l'économie régionale, selon le syndicat.
«On va s'attaquer à ce problème. On ne peut plus laisser passer ça», a lancé le président du Conseil central, Guillaume Tremblay, à propos de cette réalité vécue dans la plupart des chantiers de construction de la région. De nombreux travailleurs sont transportés par avion pour passer plusieurs jours sur les chantiers et sont ensuite retournés chez eux par le même moyen pour leur congé. Ces gens n'ont donc pas à s'établir sur la Côte-Nord pour y travailler et dépensent leur paie ailleurs que dans la région.
«Lors de la dernière négociation dans l'industrie de la construction, on avait demandé qu'il y ait moins de mobilité de main-d'oeuvre en région, mais on n'a pas réussi», a déclaré M. Tremblay de cette pratique qui favorise les employés des autres régions au détriment de ceux de la Côte-Nord.
«On va essayer de s'y prendre autrement en parlant avec les gros donneurs d'ouvrage pour qu'ils favorisent les entrepreneurs de la région, qui, eux, prendront la main-d'oeuvre régionale», a-t-il ajouté. L'officier syndical convient toutefois que ce ne sera pas facile de convaincre l'entreprise privée ou Hydro-Québec de procéder de cette manière.
Effets pervers
Le fly in/fly out a aussi d'autres effets pervers, a souligné la vice-présidente régionale à la Fédération de la santé et des services sociaux, Gisèle Charrette, qui donne pour exemple la situation de Fermont, qui compte environ 3000 résidants, mais au moins 5000 personnes si on inclut les travailleurs des grands chantiers des compagnies minières.
«Le ministère [de la Santé et des Services sociaux] n'augmente pas le budget de l'établissement de santé, même s'il y a 2000 personnes de plus qui utilisent ses services», a indiqué Mme Charrette, qui signale que le portrait est le même au Centre de santé de la Minganie en raison du chantier de la rivière Romaine. Ultimement, ce sont les résidants qui paient la note d'une surcharge du réseau de la santé.
Parmi ses autres prises de position, le Conseil central Côte-Nord CSN n'est pas convaincu que l'exploitation du pétrole du golfe du Saint-Laurent et de l'île d'Anticosti soit une bonne chose pour le Québec. «Oui, ça va créer des emplois, mais qu'est-ce que ça va rapporter comme redevances? Trop souvent, ce sont les compagnies pétrolières qui s'enrichissent et non la population», a clamé Guillaume Tremblay.