Depuis 2012, l'épicerie Les Grands Rangs tenait lieu de point de rencontre, dans Saint-Roch, entre les urbains et les producteurs agricoles.

Coop Les Grands Rangs: les membres votent pour la faillite

Les membres de la coopérative Les Grands Rangs ont approuvé, samedi, la proposition de faillite qui était sur la table. D'anciennes employées de l'épicerie reprochent à l'initiateur du projet d'avoir «fermé les yeux devant une réalité financière maussade».
Depuis 2012, l'épicerie Les Grands Rangs tenait lieu de point de rencontre, dans Saint-Roch, entre les urbains et les producteurs agricoles. Une quarantaine de membres de la coopérative se sont réunis samedi en assemblée générale extraordinaire pour se prononcer sur une proposition de faillite à laquelle s'est résolu le conseil d'administration. Il leur a été exposé que la coopérative devait 260 000 $ à court terme. «Les gens ont convenu qu'il n'y avait pas de solution pour nous permettre de continuer», résume Charles Trottier, un membre qui a comblé l'un des sièges laissés vacants au conseil d'administration lorsqu'il est devenu clair que le bateau coulait.
«Il reste à engager un syndic. Dans les faits, il ne peut pas y avoir de retour en arrière», précise-t-il.
Deux anciennes employées de la coopérative ont été piquées au vif par les explications données samedi dans Le Soleil par l'ex-président et initiateur du projet, Éric Proulx. Celui-ci attribuait les difficultés financières de l'organisation au manque de soutien de ses partenaires financiers et aux conditions de prêts trop rigides. «Il y a eu de la pensée magique de la part des banquiers», disait-il.
Dans une lettre envoyée au Soleil, Marie Fillod et Geneviève Gagnon s'en prennent à Éric Proulx, mais aussi au conseil d'administration des débuts.
«Fermer les yeux devant une réalité financière maussade et espérer la résoudre grâce à l'intervention d'un seul homme [Éric Proulx] qui n'a pas de passé de gestionnaire crédible, ne serait-ce pas plutôt ça la pensée magique?» soulèvent-elles.
Les deux femmes croient que «les réponses de M. Proulx suggèrent qu'il est incapable de prendre sa part des responsabilités» et qu'il se présente comme un bouc émissaire «afin de se parer à toute critique». Elles jugent enfin que leur ancien patron a démontré sa «lâcheté» en n'assistant pas à l'assemblée générale de samedi.
Charles Trottier rappelle quant à lui que «ce n'est pas à cause de la coop que ça n'a pas fonctionné». «L'idée est excellente, mais les bonnes idées ne sont pas garantes du succès. Ça prend de la rigueur pour les mener à terme. C'est peut-être ça qui a manqué au fond», conclut-il.