Charles Simard et Sébastien Fiset de Cookie Bluff, une jeune entreprise qui a le vent dans les voiles.

Cookie Bluff confond les sceptiques

«Lorsque nous avons décidé de nous lancer en affaires, nous avons eu droit à des rires et cinq refus!»

Cookie Bluff, c’est l’idée de deux jeunes entrepreneurs de la région de Québec. L’un est mécanicien de formation et l’autre spécialiste des ressources humaines. 

Aujourd’hui, l’entreprise commercialise à travers la province de la pâte à biscuits à manger crue. 

Prochainement, les produits de Cookie Bluff seront également disponibles dans les dépanneurs Circle K, une propriété de la chaîne Couche-Tard, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. La jeune pousse ouvrira aussi un premier comptoir cet automne aux Galeries de la Capitale.

Mais avant d’aller plus loin sur les projets de Cookie Bluff, parlons de la création de l’entreprise.

L’aventure a débuté en mars 2017. Sébastien Fiset aperçoit sur son Facebook une vidéo d’un comptoir à pâte à biscuits à New York. La publication est virale. 

«Je me souviens, lorsque je me suis couché le soir, je n’arrêtais pas de penser. Il n’y avait aucune offre du genre à Québec. J’ai décidé d’aller à New York et voir l’engouement autour de ce produit. J’ai attendu trois heures pour avoir un cornet avec de la pâte à biscuits», se remémore l’homme d’affaires.

De retour en sol canadien, il lance l’idée à son ami et aujourd’hui associé, Charles Simard, d’importer un concept similaire dans la capitale. Il embarque.

Le hic, c’est que depuis plusieurs années, Santé Canada prévient les consommateurs qu’il y a un danger de manger de la pâte non cuite, car il y a un risque d’être infecté par la bactérie E. Coli.

Le duo décide quand même d’investir des billets verts pour faire développer dans un laboratoire une recette sans risque pour l’humain. 

Ils s’associent avec le Centre de développement bioalimentaire du Québec pour développer quatre saveurs différentes de pâte à biscuits. La facture s’élève à 80 000 $

«Nous avons décidé de le faire lorsque nous avons constaté que c’était très difficile de produire une pâte à biscuits 100 % sécuritaire, question de compétition», explique M. Fiset. «Le problème, c’était que nous n’avions pas à ce moment l’argent pour développer le produit. Nous avons demandé des subventions, mais avant d’avoir les réponses, nous avons décidé de lancer le projet. Nous avons finalement reçu de l’aide du MAPAQ et de QuébecInnove», poursuit-il.

Banquiers fermés

Pour réaliser ses premiers pas, Cookie Bluff avait besoin d’environ 100 000 $. «Nous sommes allés voir les banques et elles ne se cachaient même pas pour rire de nous avec notre plan d’affaires», dit-il.

En parallèle, les entrepreneurs cognaient à la porte de plusieurs entreprises pour dénicher un partenaire qui pourrait assurer la production et la livraison.

«Là, c’était encore pire que les banques. On se faisait dire : mettre de la pâte dans des pots, il faut vraiment être stupide», ajoute-t-il.

La recherche se termina finalement lors d’une rencontre avec des responsables de l’entreprise Novali Gourmet de Boucherville. Cette dernière décide de participer au projet de Cookie Bluff.

Le 22 mai 2018, l’entreprise réalise officiellement sa première vente. La première commande est de 4000 contenants.

«Nous avons lancé le produit dans les cinq IGA des Sources dans la grande région de Québec», note M. Fiset. «Les tablettes se sont vidées en quatre jours. C’était nos provisions pour trois mois...», ajoute-t-il.

Trois mois plus tard, les produits Cookie Bluff sont présents dans 280 points de vente de Sobeys. Après avoir consulté ses franchisés, Sobeys avait décidé de passer une commande pour 100 000 pots, d’une valeur d’environ 500 000 $. 

«Nous avions trois semaines pour tout produire», répond M. Fiset.

Cookie Bluff offre aujourd’hui ses produits dans environ 1000 points de vente à travers la province.

En plus de Sobeys, la compagnie collabore aussi avec Metro et Couche-Tard. Elle a un chiffre d’affaires d’environ 1,8 million $. La direction vise les 2 millions $ pour sa deuxième année financière.

Projet-pilote

Pour les prochains mois, M. Fiset aimerait bien voir son produit apparaître sur les tablettes des épiceries et des dépanneurs dans l’ouest du pays. Pour son concept de comptoir, il souhaite aussi faire des petits, mais une étape à la fois.

«Le point de vente des Galeries de la Capitale est un peu notre projet-­pilote. On va prendre six mois pour voir s’il y a un engouement. Si oui, on va regarder pour Montréal et Toronto. Cela peut aller très vite», conclut-il.