Convention collective: le syndicat s'attaque à la gestion de la Laurentienne

MONTRÉAL — Au lendemain de l'expression de doléances par la Banque Laurentienne à propos de la lenteur du renouvellement de sa convention collective, le syndicat réplique et rejette le blâme sur la direction de l'institution financière.

Selon la directrice exécutive du Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB, affilié à la FTQ), Kateri Lefebvre, deux propositions envoyées à l'employeur sont demeurées sans réponse alors que les négociations doivent reprendre le 12 septembre devant une conciliatrice.

«Là, ça suffit de se cacher en arrière d'une convention collective, a-t-elle lancé, mercredi, dans une sortie virulente. La semaine dernière, on nous a même dit que l'employeur n'avait pas l'intention de répondre par écrit aux propositions syndicales.»

Mme Lefebvre dit ignorer ce qui est nécessaire pour conclure une entente de principe afin qu'elle soit soumise au vote des syndiqués étant donné qu'elle ignore «la position de l'employeur».

Le contrat de travail d'environ 1200 travailleurs représentés par la section locale 434 SEPB est échu depuis le 31 décembre. La Laurentienne n'avait pas commenté, mercredi après-midi, les critiques formulées par le syndicat.

Mme Lefebvre estime également que la direction de la Laurentienne devrait cesser d'évoquer ce dossier pour justifier la lenteur de certains aspects de son plan de transformation, qui doit culminer en 2022.

Du retard

Mardi, en dévoilant des résultats du troisième trimestre qui ont raté la cible, la banque a cité «l'incertitude» provoquée par les négociations entourant le renouvellement de la convention collective pour repousser à l'an prochain l'abandon de services au comptoir dans ses succursales.

La cible initiale avait été fixée au 31 décembre. Actuellement, 23 des 103 points de service de la banque n'offrent que des conseils financiers.

Selon la Laurentienne, des dépenses plus élevées de restructuration, attribuables à la lenteur des pourparlers avec le syndicat, expliquaient en partie la performance inférieure aux attentes pendant le troisième trimestre.

«Nous espérions que cela soit derrière nous, mais ce ne l'est pas, avait commenté son président et chef de la direction, François Desjardins, en conférence téléphonique. Avant d'investir plus d'argent (...) nous aimerions savoir quelles sont les règles du jeu.»

Or, a fait valoir Mme Lefebvre, rien n'empêche la Laurentienne d'abandonner les services au comptoir puisque la banque a déjà informé ses employés, dans des lettres envoyées l'an dernier qui ont pu être consultées par La Presse canadienne, que leurs postes seraient abolis d'ici le 31 décembre 2018.

«La transformation peut se faire avec la convention actuelle et notre intention est de trouver un règlement», a-t-elle martelé.

Un changement?

À son avis, M. Desjardins, en poste depuis novembre 2015, tente simplement de mettre le blâme sur le syndicat, au moment où l'institution livre une performance inférieure aux attentes.

La directrice exécutive du SEPB est également allée jusqu'à suggérer que le conseil d'administration de la Laurentienne procède à un changement de grand patron en raison des récents résultats de la banque.

«Ce que je constate depuis le début et l'arrivée de M. Desjardins, c'est qu'il y a des déboires et des difficultés financières qui n'ont rien à voir avec le syndicat, a dit Mme Lefebvre. S'il y a quelqu'un qui est à pointer du doigt, c'est (...) M. Desjardins.»

Mardi, l'action de la Laurentienne a retraité de 6,21 pour cent pour clôturer à 43,63 $ à la Bourse de Toronto — son plus bas niveau depuis janvier 2016. Elle cédait mercredi après-midi 2,5 cents pour se négocier à 43,60 $.