Pierre-Émile Côté, Jean-Daniel Minville, Jean-David Samuel et Jean-Nil Poirier-Morissette sont les nouveaux propriétaires du chantier naval Forillon, à Sandy Beach, Gaspé.

Contrat de 32 M$ pour le chantier naval à Gaspé

GASPÉ — Le chantier naval Forillon, de Gaspé, construira quatre navires de plus pour la Garde côtière canadienne, un contrat de 32 millions de dollars qui garantit du travail jusqu’en 2023 aux 70 employés.

«Ça fait longtemps qu’on s’est entendus mais tant que ce n’est pas signé, ce n’est pas signé. Finalement, on a reçu les papiers signés vendredi [le 30 novembre]», dit Jean-David Samuel, président-directeur général.

Ottawa a annoncé jeudi que le chantier de Gaspé et Hike Metal Products, une entreprise ontarienne, construiront chacun quatre navires de recherche et sauvetage supplémentaires, pour 61,8 millions de dollars au total.

Le chantier de Gaspé avait signé un premier contrat de 45,8 M$ en 2015 pour livrer six navires à la Garde côtière. De ces six navires, deux ont été livrés, deux sont en construction et deux restent à construire. Six autres navires sont aussi en construction chez Hike Metal Products. Les contrats incluaient des options pour huit navires de plus.

Dès 2017, Ottawa avait annoncé qu’il commanderait ces huit navires, mais n’avait pas spécifié qui obtiendrait le contrat, ni s’il y aurait un appel d’offres ou pas.

Les nouveaux navires de la Garde côtière mesurent 20 mètres de long par 6 de large. Conçus pour se redresser automatiquement s’ils chavirent, ils servent à faire des recherches sur l’eau, à répondre aux appels de détresse en mer et à venir en aide aux navires en difficulté.

De la relève

L’annonce du fédéral arrive alors que quatre employés viennent de racheter le chantier naval de Gaspé à son propriétaire Robert Côté.

M. Samuel, qui travaille au chantier depuis dix ans, est le plus ancien des quatre. «C’est une discussion commune. On a démontré de l’intérêt et lui [Robert Côté], de l’intérêt à nous laisser de la place», indique-t-il.

Les autres repreneurs sont Jean-Nil Poirier-Morissette, directeur des opérations, Jean-Daniel Minville, directeur de l’ingénierie et Pierre-Émile Côté, chargé de projet (qui est aussi le fils aîné de Robert Côté).

«Robert a fait des pas de géant avec le chantier. On est prêts pour l’autre pas. […] On est capables de faire un grand pas côté robotisation», estime M. Samuel.

Avant même la signature du contrat pour quatre bateaux de plus, M. Samuel estimait que le moment était bien choisi pour la passation de pouvoirs, grâce à la «prospérité» liée au premier contrat avec la Garde côtière canadienne.

Robert Côté, 51 ans, demeurera actif dans l’entreprise, le temps de transférer ses contacts et ses connaissances. Il sera aussi «l’ange financier pour environ 10 ans», selon un montage financier qu’il juge «trop long à explique».

Le chantier Forillon est toujours à la recherche d’employés, dont des soudeurs, pour construire ses bateaux. «Pour le contrat de la Garde côtière, ça va bien. On est rodés et on a l’équipe. Mais on a d’autres projets. Et pour faire tout qu’on pourrait faire, ça prendrait plus de main-d’œuvre», indique M. Samuel.

Le chantier, qui existe depuis 1952, s’est d’abord spécialisé dans les bateaux de pêche. Il en construit encore, mais a ajouté à son expertise les bateaux commerciaux, soit des remorqueurs, des barges et des traversiers. En plus des bateaux de la Garde côtière, deux remorqueurs sont en construction au chantier Forillon.