Le ministre des Finances, Carlos Leitao

Consultations prébudgétaires: les demandes fusent de toutes parts

Alors que les surplus sont au rendez-vous et qu’on est en année électorale, le ministre des Finances, Carlos Leitao, fait face à de nombreuses demandes, souvent contradictoires, dans le cadre de ses consultations prébudgétaires.

Et ces demandes vont parfois à l’opposé des intentions déjà manifestées par le gouvernement.

Par exemple, jeudi dernier, le premier ministre Philippe Couillard a fait part de son intention de réduire les impôts des petites et moyennes entreprises, afin de les aider à faire face à la hausse du salaire minimum et à la hausse à venir des cotisations au Régime des rentes du Québec.

Pourtant, dans son mémoire remis dans le cadre des consultations prébudgétaires, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) revendique exactement l’inverse: renoncer à toute baisse d’impôt et plutôt mieux financer les services publics.

Les PME

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), quant à elle, applaudit à l’idée de réduire les impôts des PME.

Sa vice-présidente principale, Martine Hébert, souhaite un abaissement du taux d’imposition des PME qui est à 8 % dans les secteurs du commerce de détail, de la restauration et de l’hébergement «alors que la moyenne canadienne est à 2,67 %», a-t-elle souligné au cours d’une entrevue mercredi. Le gouvernement a déjà abaissé le taux d’imposition des PME du secteur manufacturier et du secteur primaire, «mais les PME des autres secteurs d’activité demeurent imposées à 8 %».

Mme Hébert a aussi espéré une diminution des cotisations des employeurs au Fonds des services de santé.

«C’est important de créer un climat propice à la croissance de nos PME, parce qu’on n’est pas à l’abri non plus de soubresauts économiques. Les récessions, c’est un petit peu comme les épidémies de grippe, ça revient», a-t-elle affirmé.

Syndicats

Du côté de la CSQ, la présidente Louise Chabot plaide pour un réinvestissement en santé et en éducation, surtout pas des baisses d’impôt. 

«Pour nous, ce n’est pas une solution, parce qu’on va se retrouver dans le même cercle vicieux: politiques d’austérité, compressions budgétaires, surplus budgétaires consacrés à des cadeaux électoraux, à des baisses d’impôt. Donc, on va se priver de revenus et on va revenir dans le cycle», a-t-elle illustré en entrevue.

En matière de services de garde, elle souhaite le retour à une contribution unique et universelle pour les services éducatifs, plutôt que modulée selon le revenu des parents. Elle propose aussi d’abolir le crédit d’impôt pour frais de garde.

La FTQ souhaite également un réinvestissement dans les services publics, mais propose aussi des mesures très concrètes: «lancer un grand chantier d’électrification des transports et de développement des transports en commun», financer un fonds pour la transition vers le numérique et énergétique, notamment.

La plus grande centrale syndicale du Québec souhaite aussi que Québec augmente le financement des mesures de francisation, afin de faciliter l’intégration des personnes immigrantes.

La FTQ prône aussi une révision de la fiscalité pour abolir l’actuel palier d’imposition maximal de 25,75 % et le remplacer par deux paliers: un taux de 28 % à partir des revenus imposables de 130 000 $ et de 31 % pour les 250 000 $ et plus.

Municipalités

Les municipalités, quant à elles, sont revenues à la charge avec leur demande d’obtenir le tiers des revenus fiscaux du cannabis perçus par le gouvernement du Québec. Et elles tiennent à être fixées dès le budget.

«Il faut une entente globale pour l’ensemble des villes. L’entente ou la formule de calcul devra tenir compte des réalités différentes. Il y a des villes qui travaillent avec un corps de police municipal, d’autres avec la SQ, donc les coûts sont différents. Mais on devrait être en mesure de déterminer une formule de calcul qui tient compte des spécificités municipales», a plaidé le président de l’Union des municipalités du Québec, Alexandre Cusson, au cours d’une entrevue.

Pour ce qui est des infrastructures, l’UMQ tient à ce que la contribution des villes soit plafonnée à 20 %.