Le chantier de l'amphithéâtre de Québec

Construction dans la région de Québec: des investissements de 13 milliards $

Malgré l'achèvement des travaux dans trois importants parcs éoliens, ceux de L'Érable, de la Seigneurie de Beaupré et Des Moulins, le panier de projets de construction dans la grande région de Québec demeure encore fort bien garni.
<p>Projets de plus de 200 millions $</p>
Un inventaire effectué par Québec International permet d'identifier plus de 300 projets sur le territoire des régions administratives de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Ces projets de construction - présentement en chantier ou encore qui ont fait l'objet d'une annonce - représentent des investissements totalisant 13 milliards $.
Un relevé incomplet, prend soin de mentionner l'économiste principal de l'organisme de promotion économique, Louis Gagnon. Par exemple, le projet de déménagement de L'Hôtel-Dieu de Québec n'y apparaît pas. Ni celui de la construction d'un deuxième édifice du gouvernement fédéral dans le secteur D'Estimauville. Cominar n'a pas fait encore connaître non plus l'ampleur de ses nouveaux projets sur le boulevard Laurier ou encore dans Lebourgneuf. Il y a aussi la compagnie d'assurances SSQ qui caresse un projet de construction d'une nouvelle tour sur le boulevard Laurier. Et il y a le projet de Club Med au Massif de Charlevoix!
De l'ouvrage pour les gars et les filles de la construction, il y en aura pour un bon bout de temps, assure M. Gagnon.
«Au chapitre de la construction non résidentielle, 2013 a été une année exceptionnelle. La région a franchi le cap du milliard de dollars. Une croissance supérieure de 10 % par rapport à 2012», affirme-t-il. «Faire aussi bien en 2014, alors que les périodes de pointe de projets majeurs comme ceux des parcs éoliens et du réaménagement de l'échangeur des autoroutes Charest et Robert-Bourassa sont passées ne sera pas évident. Il n'en reste pas moins que la région affiche encore une belle vitalité.»
2 milliards $ de moins
Le nombre d'heures travaillées dans la grande région de Québec devrait diminuer de 4 % en 2014, selon la Commission de la construction du Québec (CCQ). Il devrait atteindre 25,7 millions d'heures comparativement à 26,6 millions d'heures en 2012.
«Il n'y a rien de catastrophique à tout ça», s'empresse de mentionner l'économiste de la CCQ, Pauline Dupuis. «Ça va demeurer une belle année. La région de Québec nous a habitués, de 2010 à 2012, à des croissances exceptionnelles. Un rythme difficilement soutenable sur une longue période.»
Qualifié de «relativement modéré», le repli de 4 % s'explique principalement par le ralentissement du secteur résidentiel - une situation généralisée à l'ensemble du Québec - et par l'achèvement des travaux dans les parcs éoliens de L'Érable, de la Seigneurie de Beaupré et Des Moulins.
À eux seuls, l'an dernier, ces trois projets avaient généré des investissements de 2 milliards $. Des dollars qui, cette année, ne sont plus là, car les travaux ont été complétés ou sont sur le point de l'être. «Avec les travaux liés à la construction de l'amphithéâtre de Québec et à la modernisation de l'aluminerie Alcoa à Deschambault, ces investissements avaient d'ailleurs permis à la région de Québec de bien s'en tirer l'an dernier», signale Mme Dupuis.
En effet, les régions de Québec et de l'Estrie ont été les seules à ne pas avoir encaissé une diminution des heures travaillées en 2013. Selon les estimations de la CCQ, les baisses du nombre d'heures travaillées au Québec en 2013 varient entre 4 % et 23 %. À Québec et en Estrie, il n'y a eu aucune baisse, aucune hausse.
Selon la CCQ, l'activité dans la construction a connu en 2013 un premier «recul substantiel» en 17 ans au Québec. «Le volume de travail s'est en effet établi à 156millions d'heures travaillées, soit 5 % de moins qu'en 2012.»
Évidemment, la grève dans l'industrie de la construction, en juin dernier, explique une partie de la situation. N'empêche que l'activité dans les secteurs industriel et résidentiel n'a pas été très vigoureuse non plus.
L'année 2014 risque de ressembler à 2013. La commission prévoit une diminution de 1 % du nombre des heures travaillées.
«D'abord, les travaux de génie civil et de voirie semblent avoir terminé leur purgatoire. Ensuite, le secteur institutionnel et commercial regorge encore de projets et le secteur industriel attend le signal pour rebondir. Enfin, seul le secteur résidentiel semble devoir poursuivre encore quelque temps son rajustement à la baisse.»