81% des Nord-Côtiers disent avoir consommé plus de trois ou quatre verres lors d'une même occasion alors que la moyenne québécoise atteint 72%.

Consommation d'alcool: la Capitale-Nationale, championne de la modération

Les résidents de la région de Québec sont plus nombreux à boire de l'alcool, mais boivent mieux que ceux des autres régions. Pour Éduc'alcool, c'est «le modèle» de consommation à suivre, qui tend vers le goût plutôt que l'excès.
C'est ce qui ressort du récent sondage sur les habitudes de consommation des Québécois, réalisé par l'organisme qui prévient l'abus d'alcool. Il démontre clairement que la «région 03» est aussi la capitale de la modération. «C'est le portrait idéal d'une région où beaucoup de gens boivent sans excès», se réjouit Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool.
Près de 9 personnes sur 10 (89 %) boivent de l'alcool. Parmi eux, 38 % ont bu le moins souvent cinq verres ou plus par occasion au cours de la dernière année, par rapport à 43 % pour l'ensemble du Québec. Les gens de la région de Québec boivent 1,6 fois par semaine (1,5 au Québec) avec une moyenne de 3,3 consommations à chaque occasion. Par comparaison, 54 % des Nords-Côtiers, champions de la consommation excessive, affirment avoir bu cinq consommations ou plus, toujours lors d'une même occasion.
Vin et restaurants
Le sondage souligne aussi quelques particularités de consommation des gens de la région de Québec. Entre autres, ils boivent davantage au restaurant (69 %) que la moyenne des Québécois (62 %) et ils sont également les plus grands amateurs de vin du Québec dans une proportion de 46 % contre 32 % pour l'ensemble de la province. Enfin, ils sont deux fois moins nombreux (3 %) que la moyenne (6 %) à avoir constaté que leur consommation nuisait à leur santé, à leurs relations ou à leur vie sociale.
«On sent qu'il y a une tendance à s'en aller vers le goût plutôt que l'excès, avance M. Sacy. On dirait qu'il y a une culture du goût [de l'alcool] qui est en train de se développer au Québec.»
Le dg d'Éduc'alcool tente d'expliquer cette «bonne conduite», en partie par le taux élevé de scolarité des gens de la Capitale-Nationale. Mais sous certains aspects, le mystère Québec se retrouve aussi dans la bouteille.
«Partout à travers le monde, la perception de se faire épingler par la police incite les gens à boire moins», raconte M. Sacy. Paradoxalement, seulement 29 % des répondants disent avoir aperçu un barrage routier au cours des 12 derniers mois alors que la moyenne québécoise se situe à 33 %. Le sondage établit même que la Capitale-Nationale est la quatrième région au Québec où l'on risque le moins d'en croiser un.
Pourtant, une plus grande proportion des conducteurs de la Capitale-Nationale (65 %) dit avoir conduit après avoir consommé de l'alcool à l'intérieur de la limite permise alors qu'ils sont 50 % dans le reste du Québec. Et seulement 2 % confirment avoir bu au-delà de la limite contre 6 % au Québec.
Éduc'alcool rappelle que c'est la plus vaste enquête du genre réalisée. «Pendant des années, j'allais partout en région pour expliquer la situation du Québec. C'était un miroir vu de tellement loin que les gens ne se reconnaissaient pas», évoque M. Sacy, visiblement fier du sondage, qui donne maintenant un portrait plus juste.
Le coup de sonde réalisé par la firme CROP repose sur 2400 entrevues téléphoniques, environ 150 réalisées dans chacune des 16 régions administratives du Québec, effectuées à l'automne 2014. La marge d'erreur maximale par région atteint 8 %. Les performances régionales sont dévoilées une à une par Éduc'alcool.