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Concorde: Régis Labeaume tempère les ardeurs d'Eddy Savoie

Le maire de Québec n'a pas tardé à tempérer les ardeurs d'Eddy Savoie. «On n'est pas du genre à se laisser pousser dans le dos», a répliqué Régis Labeaume à l'homme d'affaires qui, la veille, se disait convaincu «à 99,9 %» de pouvoir convertir le Concorde en résidence pour personnes âgées.
«C'est son choix de mots, on se comprend bien. C'est son résumé de la rencontre», a commenté Régis Labeaume jeudi lorsque questionné sur l'issue de son tête-à-tête avec le président-fondateur des Résidences Soleil, Eddy Savoie. Ce dernier en était sorti très optimiste de pouvoir réaliser son projet puisque, avait-il indiqué au Soleil, aucun acheteur prêt à conserver la vocation hôtelière du Concorde ne s'était pointé depuis deux ans.
Même s'il dit avoir beaucoup de respect pour l'homme et son entreprise, le maire a l'intention de mettre tous les efforts pour trouver un acheteur.
«Est-ce qu'on va réussir? Lui [Eddy Savoie] est convaincu que nous ne réussirons pas. C'est son point de vue. Nous, ce qu'on a à faire, c'est de travailler.»
Le Groupe Savoie est en attente d'un changement d'usage qui doit être adopté par le conseil municipal et qui lui permettrait d'ajouter une vocation de services communautaires à son édifice. Jeudi, M. Labeaume a martelé que le conseil ne donnerait pas son aval tant que toutes les pierres n'auront pas été retournées.
«On va prendre tout le temps qu'il faut pour travailler sur le dossier. Nous arrêterons seulement quand on aura une entente avec un acheteur ou quand on aura la certitude que toutes les options auront été vidées et que ce n'est plus possible. Et on n'est pas du genre - je veux ajouter ça en toute amitié - à se laisser pousser dans le dos.»
Le maire se réjouissait par ailleurs d'un appui inattendu venu jeudi matin de la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, qui a joint sa voix à ceux qui veulent que le Concorde demeure un hôtel.
«On pense que pour le bien de Québec, pour le bien de son industrie touristique, pour le bien de son économie, ça doit demeurer un hôtel», a affirmé la ministre, qui, de Shawinigan où elle se trouve pour le caucus du Parti québécois, a convoqué un point de presse pour l'occasion.
«Je tiens à dire que nous appuyons le maire de Québec et toute la communauté qui se mobilise pour que le Concorde demeure un hôtel», a lancé Mme Maltais.
Cet appui ne se traduira pas par un soutien financier gouvernemental à un partenaire privé, indique la ministre. «On n'est pas là-dedans», assure-t-elle.
La ministre-députée de Taschereau n'a pas d'informations sur un éventuel acquéreur souhaitant gérer un hôtel. «On en a tellement parlé qu'il y a peut-être des oreilles et des yeux qui s'ouvrent, avance Mme Maltais. Le signal qu'on envoie, c'est que ce serait bien que ça demeure un hôtel.»
Elle n'entend pas alimenter le débat sur la place d'une maison de retraités sur la Grande Allée. «C'est pour ça qu'on n'est pas embarqués dès le début dans ce débat-là, a déclaré la ministre. Je pense que c'est un faux débat. L'idée, c'est quelle est la meilleure utilisation pour la ville de cet édifice-là? Ça demeure un hôtel.»
Le maire Labeaume a d'ailleurs parlé avec la ministre jeudi matin. Selon lui, dans la région, il y a un consensus pour que l'hôtel de la Grande Allée demeure accessible aux touristes et aux gens de passage. «C'est l'unanimité», assure-t-il.
Avec Valérie Gaudreau