Concorde: la CSN en discussion avec des «acheteurs potentiels»

La CSN invite le propriétaire des Résidences Soleil, Eddy Savoie, à la retenue et au «respect» au moment où le syndicat assure que des «acheteurs potentiels» souhaitent garder la vocation hôtelière du Concorde.
«Il y a des acquéreurs potentiels et il y a des discussions actuellement. La situation évolue de jour en jour», a dit le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, lors d'une conférence de presse mercredi matin au bureau du syndicat, boulevard Charest. Une rencontre avec les médias au moment où l'hôtel de la Grande Allée laissait partir ses derniers clients après 40 ans d'activité.
Pressés de questions par les journalistes, les représentants de la CSN n'ont toutefois pas voulu en dire davantage sur la nature des discussions et le sérieux d'un acheteur potentiel. Le président du syndicat des travailleurs du Concorde, Jacques Fortin, s'est bien défendu d'entretenir de faux espoirs pour les 230 employés qui perdent leur boulot aujourd'hui et qui pourraient le conserver si l'immeuble restait un hôtel.
«On est du monde réaliste, mais honnêtement, tant qu'il n'y aura pas un Eddy Savoie qui dit : "j'ai les clés" avec son règlement de la Ville en main, on garde un certain espoir», a dit M. Fortin.
La CSN avait d'ailleurs un message pour M. Savoie ce matin. «Je lui lance un appel à la circonspection», a lancé M. Lacharité.
«Je le comprends de promouvoir ses intérêts personnels, c'est un homme d'affaires. Mais un consensus politique et économique des acteurs de la Ville de Québec et du gouvernement se dégage clairement du côté de la vocation hôtelière.»
Le patron du Groupe Savoie a une entente de principe avec la chaîne new-yorkaise Loews pour transformer l'immeuble en 350 résidences pour personnes âgées autonomes. La semaine dernière, M. Savoie s'est montré très sûr de voir son projet accepté par la Ville, estimant même ses chances à «99,9 %». Il compte investir 30 millions $ pour convertir l'immeuble datant de 1974.
Or, il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, estime le vice-président de la CSN. «Je peux comprendre qu'il a fait ça, car il veut mettre des pressions sur la Ville, mais je l'appelle au respect.»
<p>Eddy Savoie</p>
Eddy Savoie se défend
Joint mercredi, Eddy Savoie s'est bien défendu de manquer de respect envers les employés du Concorde. Son attitude, dit-il, est plutôt motivée par le fait qu'il croit en son projet de résidence pour personnes âgées dans ce secteur névralgique du centre-ville.
«On ne peut pas entreprendre un projet et ne pas être optimiste. Ce n'est pas pour mettre de pression», s'est justifié l'homme d'affaires. Il dit avoir une pensée pour les syndiqués qui ont déjà travaillé fort pour leur établissement. «Ils n'ont pas jeté la serviette, ça fait deux ans passé, ce n'est pas comme si ça faisait trois mois», a dit M. Savoie.
Il rappelle que la chaîne Loews n'a pas trouvé d'acheteur issu du monde hôtelier après des années d'efforts. «Il faut à un moment donné arriver à la réalité. Ce sont des gros sous à trouver et qui veut mettre de l'argent dans quelque chose de pas rentable? C'est dommage, mais on comprend ça», a conclu M. Savoie.