Concorde: Eddy Savoie achète, la CSN inquiète

Les Résidences Soleil ont finalement acquis l'hôtel Loews Le Concorde. Son président, Eddy Savoie, dit vouloir servir d'intermédiaire auprès de trois acheteurs intéressés à conserver sa vocation hôtelière. Pour la CSN, il s'agit plutôt d'un moyen de «bloquer» la vente auprès de groupes qui voudraient le faire revivre.
Les Résidences Soleil ont finalement acquis l'hôtel Loews Le Concorde. Son président, Eddy Savoie, dit vouloir servir d'intermédiaire auprès de trois acheteurs souhaitant conserver sa vocation hôtelière. Pour la CSN, il s'agit plutôt d'un moyen de «bloquer» la vente auprès de groupes qui voudraient le faire revivre.
Le propriétaire des Résidences Soleil a réalisé la transaction lundi matin sans même savoir si la Ville acceptera de changer le zonage pour permettre de transformer le bâtiment de la Grande Allée en résidence pour personnes âgées.
M. Savoie dit avoir agi ainsi pour «collaborer avec la Ville». Au final, son intention serait de revendre l'hôtel.
«J'ai eu des appels de deux organisations québécoises et une étrangère [européenne]. Les gens me disaient que c'était très difficile de négocier avec New York. Que Le Concorde devienne une propriété québécoise, ça va aider à réaliser le miracle. C'est sûr à 99 % que ça va demeurer un hôtel», avance-t-il, en sachant que sa déclaration allait susciter de grands espoirs chez les 250 employés qui ont perdu leur travail le 12 février.
Changement de discours
Étonnamment, il y a un mois, M. Savoie déclarait à la sortie d'une rencontre avec le maire Labeaume, être convaincu «à 99,9 %» de pouvoir convertir Le Concorde en résidence pour personnes âgées. Surtout, disait-il, qu'aucun acheteur ne s'était pointé depuis deux ans. Aujourd'hui, il assure que ses intentions sont «très, très correctes» et qu'il est le premier surpris d'avoir eu des téléphones de personnes intéressées la fin de semaine dernière.
L'homme d'affaires a refusé de nommer les groupes québécois ou celui européen qui veulent mettre la main sur Le Concorde. L'un d'eux posséderait déjà des actifs dans la capitale. Chose certaine, le Trifluvien Jean-Claude Fortin, qui avait démontré publiquement son intérêt à la fin février, ne serait pas du nombre. Des visites des lieux sont prévues dans les prochains jours, confie M. Savoie. «Et ça pourrait aller vite», ajoute-t-il.
La semaine dernière, ce dernier avait indiqué avoir fait une offre réduite à Loews, sans en dévoiler le montant. Il y a deux semaines, Les Résidences Soleil menaçaient de se retirer des négociations parce que la chaîne demandait de payer des frais de maintenance «trop élevés» pendant le temps de réflexion de la Ville de Québec qui a demandé une étude sur les impacts de la fermeture de ce haut lieu touristique de la capitale.
«On ne fait pas une croix là-dessus [une résidence]. On ne change pas d'idée. On aurait été plus contents si on avait eu un "H2"», avise Eddy Savoie en référence à la demande de changement de zonage nécessaire que lui refuse la Ville pour faire de l'hôtel une résidence pour personnes âgées. «Si on ne vend pas et qu'on n'a pas le changement, rien n'empêche de faire des appartements locatifs. Le zonage actuel le permet», conclut-il.
«Indécent», dit la CSN
«Je ne comprends rien. Ça contraste avec ce qu'il a dit il y a un mois.» La présidente de la CSN Québec-Chaudière-Appalaches, Ann Gingras, soutient que M. Savoie «tente de "bulldozer" et joue un bras de fer pour placer son projet de résidence privée».
«En tant qu'acquéreur, il dit qu'il veut faciliter la vente. Je comprends qu'en tant que propriétaire, il peut nous conter n'importe quoi. Il peut bloquer la vente et dire qu'il n'y a jamais eu d'acheteurs. Il contrôle le message. Il contrôle le dossier pour arriver à ses fins. Je trouve ça indécent. Pour lui, la fin justifie les moyens», rage la représentante syndicale.
«Mon objectif, ce n'est pas d'enrichir Eddy Savoie, mais d'enrichir la région», poursuit-elle. Elle compte donc poursuivre le travail pour garder la vocation de l'hôtel. Agnès Maltais, ministre sortante à l'Emploi, et Pascal Bérubé, ministre délégué sortant au Tourisme, ont déjà indiqué que tel était leur souhait.