Le président de la Corporation des parcs industriels de Québec, Pierre Dolbec.

Compte de taxes des gens d'affaires de Québec: le calme après la tempête de 2013

«L'an dernier, le téléphone avait sonné, du matin au soir, pendant deux semaines. Cette année, pas encore l'ombre d'un appel. Ou bien les gens, dans les circonstances, sont satisfaits, ou bien nous sommes tous devenus fatalistes!»
Le président et directeur général de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, Alain Kirouac
Président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, Alain Kirouac n'oubliera pas sitôt le mois de février 2013.
Des milliers d'industriels, de commerçants et d'hôteliers l'ont encore frais à la mémoire, eux aussi, ce fameux mois de février.
La Ville de Québec venait d'expédier les 5300 comptes de taxes non résidentiels aux gens d'affaires.
Plusieurs d'entre eux avaient renversé leur chocolat chaud en constatant des hausses pouvant osciller entre 30 % et 40 %.
Pour certains, l'augmentation atteignait 100 %.
Il n'en fallait pas plus pour qu'un mouvement de contestation s'organise autour de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec et de la Corporation des parcs industriels de Québec. En réponse à la grogne générale des entrepreneurs, la Ville avait finalement trouvé une façon temporaire de réduire les écarts dans les comptes de taxes des commerces et des entreprises.
«J'ai reçu le compte de taxes de la Chambre ces derniers jours et je m'attendais à recevoir quelques appels. C'est le calme plat», rend compte Alain Kirouac.
Un constat partagé par la directrice générale de l'Association hôtelière de la région de Québec, Natasha Desbiens, qui mène une petite enquête, ces jours-ci, pour vérifier si les hausses de comptes de taxes semblent raisonnables ou non.
Rien du tout
Président de la Corporation des parcs industriels de Québec, Pierre Dolbec n'a pas reçu, lui non plus, d'appels de dirigeants d'entreprise en beau fusil. «Je m'attendais à recevoir le feedback de certains membres qui en avaient gros sur le coeur à la suite des événements de l'an dernier. Pour le moment, rien de tout ça n'est arrivé. Il faut dire que l'année dernière, les augmentations étaient carrément exagérées. Nous, les entrepreneurs, nous ne sommes pas des chialeux. D'habitude, on ferme notre boîte et on paie. Sauf qu'en 2013, la coupe avait débordé.»
Pierre Dolbec vient de recevoir le compte de taxes de son entreprise, Dolbec International, spécialisée en gestion du commerce international.
Cette année, sa facture s'élève à 14 613,21 $. L'an dernier, avant que la Ville de Québec corrige le tir, son compte s'élevait à 15 253,63 $. Après la correction, il passait à 12 773,77 $. «Je reviens pratiquement à la case départ», commente-t-il.
«Cette année, par contre, nous savions à quoi nous attendre. La Ville avait été très claire avec nous sur ce point. En 2013, elle n'a pas nécessairement cherché à acheter la paix en adoptant des mesures d'atténuation, mais plutôt à donner un break à des entrepreneurs qui étaient durement frappés par la hausse de leurs comptes de taxes.»
Pierre Dolbec croit que la colère des gens d'affaires a été entendue à l'hôtel de ville. «Le message a passé. Il va falloir cependant rester vigilant.»
Il a aussi remarqué que les services offerts par la Ville de Québec dans les parcs industriels ont été améliorés. «Je me promène beaucoup dans les parcs, et je peux affirmer que le déneigement des rues s'est grandement amélioré», applaudit M. Dolbec, qui approuve les compressions budgétaires de plus de 20 millions $ imposées par l'administration Labeaume à la machine administrative municipale.