Composantes éoliennes: mises à pied et ralentissement dans deux usines de l'Est-du-Québec

Deux des quatre grandes usines de fabrication de composantes éoliennes de l'Est-du-Québec connaissent un ralentissement d'activités, qui se traduit dans le cas de Fabrication Delta par des mises à pied temporaires, et par une réduction de la semaine de travail chez LM Wind Power à Gaspé.
Les deux usines de fabrication de tours éoliennes de Matane, Marmen Énergie et WEC Tours, une filiale du turbinier allemand Enercon, maintiennent le cap en matière de nombre d'employés et d'horaire.
Le président de Fabrication Delta, François Arsenault, précise que le ralentissement était prévisible en mai 2013, et il l'avait d'ailleurs signalé à ce moment. Le personnel de l'usine de fabrication de tours est passé de 130 à 90 employés en janvier. De 2010 à janvier 2014, la compagnie a travaillé essentiellement pour Enercon, qui a commandé chez Delta les sections d'acier de ses tours surtout composées de béton.
«On savait qu'on aurait un creux. C'est arrivé. On travaille pour signer des alliances stratégiques, et Enercon est une de ces compagnies. Il y a eu des mises à pied, et il est possible qu'il y ait une deuxième vague avant de repartir la machine en grand. On ne peut annoncer avec qui nous signerons des ententes», note M. Arsenault, qui lorgne notamment des exportations.
Délais
Le creux vient de la livraison des derniers parcs éoliens de l'appel d'offres de 2000 mégawatts d'Hydro-Québec en 2008 et du délai avant le feu vert aux projets inclus dans le bloc de 800 mégawatts annoncé en 2012-2013 par le gouvernement québécois.
«De plus, en 2013, il s'est commandé très peu de tours aux États-Unis, en raison de l'incertitude qui a touché leur programme fiscal d'appui à l'énergie éolienne. Pendant ce temps, Fabrication Delta a diversifié ses activités. On réalise un important contrat pour une compagnie minière. On travaille sur des développements intéressants dans ce domaine», conclut M. Arsenault.
LM Wind Power, qui fabrique des pales, a pour sa part annoncé il y a 10 jours la réduction de cinq à trois jours l'horaire de travail pour ses 200 employés, entre le 24 mars et le 1er septembre.
À Matane, la situation actuelle n'est pas comparable à 2011 et 2012, alors que le gouvernement avait annoncé deux appels d'offres d'énergie éolienne coup sur coup, mais l'usine de Marmen Énergie garde le rythme.
«Entre le moment, le printemps dernier, où le gouvernement a annoncé l'appel d'offres de 800 MW et le moment où tout sera mis en place, il y a une certaine incertitude, admet le président, Patrick Pellerin. Mais nous, ce qui nous aide, c'est que notre usine de Trois-Rivières a des contrats avec les États-Unis et on transfère une partie de l'ouvrage à Matane.»
Il indique qu'aucune mise à pied n'a été faite ces dernières années. L'usine de Matane compte une centaine d'employés. Toujours selon M. Pellerin, le nombre d'heures de travail n'a pas diminué. «L'horaire de travail normal est de 40 heures par semaine. Mais actuellement, l'horaire varie autour de 45 à 50 heures parce qu'on préfère faire faire des heures supplémentaires à nos employés que d'en engager de nouveaux.»
À WEC Tours, «il n'y a actuellement pas de ralentissement parce qu'il y a plusieurs projets cette année et certains autres qui s'en viennent, confirme le chargé des affaires publiques d'Enercon Canada, Marc-Antoine Renaud. Il n'y a pas de diminution et le nombre d'employés se maintient, depuis les dernières années, à environ 130.»
Pour 2015, «il est trop tôt pour se prononcer, ajoute-t-il. Avec l'appel d'offres de 800 MW, le contrat de gré à gré avec les Micmacs et le dépôt attendu de la politique énergétique, c'est ce qui déterminera la cadence», dit M. Renaud. Avec la collaboration spéciale de Geneviève Gélinas