Le maire de Québec Régis Labeaume ne veut surtout pas que la Commission des relations de travail tranche en cas d'échec dans les négociations avec les employés de la Ville.

Commission des relations de travail : Labeaume lâche du lest

«Antidémocratique», composée de non-élus ou encore trop favorable aux syndicats : après avoir traité la Commission des relations du travail (CRT) de tous les noms, Régis Labeaume se résigne de plus en plus à laisser cette instance trancher en cas d'échec des négociations sur les déficits des régimes de retraite.
De toute façon, la loi actuelle ne permet pas aux élus municipaux de décréter les conditions de travail. Et pas question que ça change, a-t-on réaffirmé mercredi au cabinet de la ministre du Travail, Agnès Maltais. Le mécanisme choisi inclut la CRT. Et ça restera l'instance pour trancher si l'impasse persiste après un an de négociations et de conciliation. «On a toujours été très clairs là-dessus : on ne donne pas à l'une des parties le pouvoir unilatéral de décréter», a dit l'attaché de presse de Mme Maltais, Jean-Thomas Grantham au lendemain du forum où le gouvernement, les élus municipaux et les syndicats se sont entendus sur la marche à suivre vers des projets de loi sur les régimes de retraite.
Régis Labeaume pourra toujours continuer à plaider sa cause en commission parlementaire lors du dépôt du premier projet de loi, en février. Mais visiblement, la lutter contre la CRT n'est plus la priorité de celui qui avait sévèrement critiqué le choix du gouvernement. Au cours de plusieurs sorties en règle contre la CRT ces dernières semaines, le maire avait notamment mis en doute l'impartialité et la compétence des commissaires qui siègent sur ce tribunal administratif.
Il disait aussi craindre que si le CRT tranchait, il se retrouverait à ne pas honorer la promesse faite à la population de Québec qui l'a élu à 74 % pour que les conventions se règlent selon sa promesse d'un partage à 50-50 des déficits passés. La possibilité de négocier ce partage sera finalement incluse dans le projet de loi de la ministre Maltais.
«Plan B»
Mercredi, M. Labeaume a toutefois assuré ne pas «lâcher le morceau» malgré ce changement de ton. Tout dépendra, dit-il, de ce qui se retrouvera dans le projet de loi. «La CRT, on n'a pas changé de position, mais tout dépend de ce qu'il y a dans la loi. Si tout est dans la loi et que mon voisin pouvait décider, ça va.»
Et Régis Labeaume dit avoir «un plan B». Une autre instance que la CRT? «On verra», a répondu le maire.  
Avec la collaboration de Jean-François Cliche