Valérie Normand, directrice du développement des produits chez Postes Canada, et le cofondateur de Surmesur Vincent Thériault.

Commerce en ligne: les détaillants québécois doivent sortir de leur coquille

Un peu trop dans leur coquille les commerçants québécois ?

La question se pose alors que la croissance du commerce en ligne est plus lente dans la Belle Province qu’ailleurs au Canada.

Postes Canada a enregistré une hausse du commerce en ligne de 23% en 2017 au pays par rapport à 2016.

À Québec, la progression a été de 14% et de 11% à Montréal.

«Les marchands québécois, pour la plupart, n’ont pas encore percé le marché national», constate Valérie Normand directrice du développement des produits chez Postes Canada en signalant que, dans la capitale, des entreprises comme Simons, Chocolats Favoris et Surmesur étaient des exceptions. «Elles ont fait leur place sur le marché canadien.»

«Les détaillants québécois dépendent beaucoup des consommateurs québécois pour les achats en ligne. Or, la beauté du commerce en ligne, c’est d’avoir un accès à un nombre illimité de consommateurs», explique Mme Normand qui rencontrait, jeudi, des commerçants de Québec pour les mettre au parfum des derniers développements dans le commerce en ligne et leur apprendre à être plus efficaces dans la gestion de leur inventaire ou dans leurs opérations d’emballage et d’expédition des colis.

La crainte de se frotter à des multinationales et le défi technologique que représente le commerce en ligne coupent souvent les aspirations des PME.

«Il n’a jamais été aussi facile d’ouvrir un magasin en ligne grâce à des outils comme Shopify. Ça peut se faire en une seule journée», signale Valérie Normand.

«C’est vrai, ça peut être épeurant de jouer sur le même terrain qu’Amazon ou Walmart. Jamais, une PME ne parviendra à les concurrencer sur les prix. Par contre, elle peut se démarquer en offrant un produit original et en proposant une expérience-client qui n’a pas son pareil.»

Un incontournable

Surmesur possède un site transactionnel depuis trois ans. La boutique de vêtements sur mesure y réalise moins de 10% de ses ventes. «Ça reste minime», convient le cofondateur, Vincent Thériault. Les acheteurs en ligne sont bien souvent des habitués des boutiques de Surmesur.

Le concept de Surmesur repose sur l’attraction du client dans ses 15 points de vente au Canada. Sur place, le personnel prend ses mesures afin de lui confectionner un vêtement qui lui va comme un gant.

«La présence en ligne constitue l’une des facettes de l’entreprise», explique M. Thériault en soulignant que Surmesur comprend l’importance d’être présent en ligne. «Le client s’attend, lui, à ce que tu sois toujours disponible.»

Vincent Thériault affirme que le commerce en ligne, «c’est une business dans une business». Et ça exige des investissements importants «sans trop savoir combien d’argent ça va générer.»

«Il ne s’agit pas de mettre un site en ligne pour que les ventes se fassent comme par magie. Il faut créer du contenu. Il faut l’animer.»

Les «power shoppers»

Selon Valérie Normand, Postes Canada détient près de 70% de la part du marché de l’expédition de colis du commerçant vers le consommateur au Canada. La société bataille contre les FedEx, UPS et Purolator.

Postes Canada peut notamment compter sur un réseau de 6200 bureaux de poste à travers le pays dans lesquels les consommateurs peuvent ramasser leur colis lorsqu’ils ne sont pas à la maison au moment du passage du livreur. «C’est deux fois plus que le nombre combiné de McDonald’s et de Tim Hortons.»

Au cours des Fêtes, Postes Canada, pendant une période d’un mois, a livré plus d’un million de colis par jour.

«Notre défi, c’est de nous assurer d’avoir la capacité opérationnelle pour répondre à une croissance des affaires assez phénoménale, notamment pour assurer le respect des délais de livraison.»

Au pays, huit Canadiens sur dix consomment en ligne. Certains achètent plus que d’autres. Parmi ses clients, Postes Canada compte 18% de «power shoppers», ces gens qui magasinent en ligne 25 fois ou plus par année et qui peuvent recevoir un colis par semaine. À eux seuls, ils représentent 60% du volume total de commerce en ligne.
 

Le centre de tri de Postes Canada à Québec