Tout au long de 2016, les Canadiens ont dépensé, chaque mois, plus de 44 milliards $ chez les détaillants. Les ventes sur internet ont représenté environ 2 % de ce montant, selon Statistique Canada.

Commerce de détail: quatre choses à surveiller en 2017

La concurrence au sein des détaillants canadiens a continué de s'intensifier cette année, certaines bannières ayant grossi leur offre en magasins et sur leur site internet, tandis que de nouveaux joueurs, comme Saks Fifth Avenue et Uniqlo, se sont joints au groupe.
Qu'il s'agisse de Saks, qui a ouvert une foire alimentaire Pusateri dans ses magasins, ou la Compagnie de la Baie d'Hudson, qui a allongé plus de 60 millions $ pour installer un nouveau système de robotique dans son centre de distribution de Toronto, les détaillants ont redoublé d'efforts pour faire leur place dans un milieu sans pitié.
Tous les détaillants n'ont pas survécu. Certains, comme Cuir Danier, ont fermé plusieurs magasins, tandis que d'autres, comme la chaîne de vêtements pour adolescents Aeropostale ou les bijouteries Ben Moss, ont fermé leurs portes pour de bon au Canada.
Maintenant que 2016 tire à sa fin, voici les principales tendances à surveiller dans le secteur du détail en 2017.
Le commerce électronique va poursuivre sa croissance
Tout au long de 2016, les Canadiens ont dépensé, chaque mois, plus de 44 milliards $ chez les détaillants. Les ventes sur internet ont représenté environ deux pour cent de ce montant, selon Statistique Canada.
Même si elles ne représentent qu'une faible proportion des achats totaux, les ventes en ligne croissent à une cadence d'environ 15 pour cent par année, souligne l'expert de l'industrie du détail Doug Stephens. En comparaison, cette croissance est de trois pour cent pour les ventes des magasins physiques.
M. Stephens, qui dirige la firme de consultants Retail Prophet, juge que, plus que jamais, les consommateurs s'attendent à ce que la procédure d'achat en ligne soit aussi fluide que celle dans un magasin. Ils veulent aussi pouvoir passer d'une option à l'autre rapidement et facilement.
«Les consommateurs veulent pouvoir être servis en ligne, particulièrement sur un appareil portable, être capables de magasiner rapidement et d'être capables d'avoir la livraison gratuite, ou au plus faible coût possible», a-t-il indiqué.
«Cela va être le prix à payer pour survivre sur le marché du détail très, très bientôt, si ce n'est pas déjà le cas.»
L'analyste Tamara Szames, de la firme NPD Group, croit que les détaillants comprennent que leur présence en ligne est un «portail» vers leurs magasins physiques. Même si ce secteur est en croissance, il ne remplacera pas le désir du consommateur de se présenter, en personne, dans un magasin.
Numériser l'expérience en magasin
L'expérience d'essayage de linge en magasin pourrait être bien différente si les clients pouvaient demander une nouvelle taille ou s'ils pouvaient obtenir des informations sur la coupe ou des recommandations d'agencement à partir d'un écran installé sur la porte des cabines.
Selon la stratège en commerce de détail Kelly Askew, 2017 verra plusieurs détaillants faire des essais pour incorporer des éléments numériques plus utiles à leur expérience en magasin.
Mme Askew, directrice générale chez Accenture, s'attend à ce que même les supermarchés d'alimentation s'avancent dans la numérisation de certains aspects de leurs activités.
Par exemple, une épicerie pourrait commencer à transmettre des offres par l'entremise des téléphones portables alors que les clients s'engagent dans une allée ou s'attardent devant un produit en particulier. La planification d'un trajet en magasin pourrait aussi être proposée après le téléversement d'une liste d'ingrédients à acheter.
«Nous allons nous éloigner de certains des gadgets que nous avons vus jusqu'à présent, comme les écrans numériques avec lesquels on peut interagir sans que cela n'ajoute quoi que ce soit à l'expérience», explique Mme Askew.
La mort du détaillant intermédiaire et du centre commercial
En 2016, le Canada a vu la croissance du secteur du luxe et de celui des marques à rabais, qui comprend les bannières Saks Off Fifth, Nordstrom Rack, Marshalls et Winners.
Les détaillants espèrent que les Canadiens continueront à avoir de l'appétit pour l'expérience de magasinage pour des biens de très grande qualité, et qu'ils voudront aussi s'aventurer dans les magasins «à rabais» dans l'espoir d'y trouver des aubaines.
Entre-temps, les centres commerciaux régionaux et les détaillants en difficulté, comme Sears Canada, continueront d'être exposés à une féroce concurrence dans la nouvelle année.
Amazon continuera d'être la principale menace pour les détaillants canadiens
Doug Stephens estime que le détaillant électronique Amazon continue de perturber le commerce de détail. Et même si certains de ses services, Amazon Go et Amazon Echo, ne sont pas encore disponibles au Canada, les détaillants devraient se préparer pour l'inévitable moment où ils le deviendront.
«Amazon représente une telle menace parce qu'elle ne pense pas comme un détaillant, explique M. Stephens. Elle pense comme une société d'innovation technologique et de données, qui, incidemment, vend des produits.»
Pour faire concurrence à Amazon, les détaillants canadiens ont besoin d'être en pleine forme.
«Un vieil adage galvaudé dit qu'il faut bousculer, ou sinon être bousculé. Mais cela n'a jamais été aussi vrai qu'aujourd'hui.»