Le président et chef de la direction du Fonds de placement immobilier Cominar, Sylvain Cossette, n’a pas maché ses mots, jeudi, lors de sa présentation dans le cadre d’un événement organisé par l’Institut de développement urbain du Québec pour décrire le climat dans le commerce de détail.

Commerce de détail : la loi du plus fort, selon Cominar

«Seulement les plus forts vont survivre. Les mieux capitalisés, les plus investis et les plus avant-gardistes! C’est ma prédiction.»

Le président et chef de la direction du Fonds de placement immobilier Cominar, Sylvain Cossette, n’a pas maché ses mots, jeudi, lors de sa présentation dans le cadre d’un événement organisé par l’Institut de développement urbain du Québec pour décrire le climat dans le commerce de détail.

Et il ne le cache pas, il ne se souvient pas d’avoir traversé une période aussi «complexe» au cours de sa carrière. Résultat : ça joue du coude dans le milieu afin de dénicher des locataires. Une situation qu’il juge tout de même stimulante.

Le Groupe Oxford, copropriétaire des Galeries de la Capitale, a depuis 2014 injecté environ 230 millions $ dans son établissement de Lebourgneuf afin d’améliorer son expérience client.

Même offensive chez Ivanhoé Cambridge, depuis 2010, l’organisation a déboursé près de 400 millions $ pour rafraîchir Laurier Québec et Place Ste-Foy.

Si on regarde du côté du boulevard Wilfrid-Hamel, le groupe Trudel Alliance cogite sur un projet de développement du centre commercial Fleur de Lys de plusieurs centaines de millions de dollars. 

Les travaux, qui prévoient la réduction de la superficie commerciale et l’ajout de nouvelles offres, devraient débuter à l’été 2020.

«C’est très exigeant aujourd’hui le commerce de détail, comme activité et comme investissement (...) Pour nous, malgré notre taille, c’est difficile de suivre cette parade, alors imaginer les gens qui ont moins de moyens», indique M. Cossette. «C’est certain que c’est plus difficile. Je ne dis pas que certains sont voués à l’extinction. Je dis simplement que la bataille est féroce pour augmenter les ventes au pied carré», poursuit-il, confirmant qu’aucun chantier majeur n’est dans les plans pour Place de la Cité.

Rappelons que Cominar est toujours le plus important propriétaire d’immeubles commerciaux dans la province de Québec. L’organisation a toutefois récemment perdu sa couronne canadienne. Elle est aujourd’hui le deuxième fonds de placement immobilier diversifié en importance au Canada.

Bien qu’il concède que les temps sont plus durs, M. Cossette refuse de répondre à la question à savoir s’il y a actuellement trop d’espaces commerciaux à travers la province. On peut notamment penser aux centres commerciaux, aux artères et aux mégacentres (power center). Cependant, il estime que plusieurs actifs immobiliers vont être démaillés au cours des prochaines années, un peu comme prévoit le faire Trudel Alliance pour Fleur de Lys.

Dans la grande région de Québec, Cominar est propriétaire de Place de la Cité, du Carrefour Charlesbourg, des Promenades Beauport, des Halles Fleur de Lys et de Place Lévis. La direction mentionne que son taux d’occupation est d’environ 95 % sur le territoire. 

Le Fonds est également responsable du nouveau développement de l’Îlot Mendel, dans le secteur Duplessis. On va y revenir un peu plus loin.

«On ne peut plus simplement être des propriétaires fonciers passifs dans le monde du commerce de détail. Historiquement, c’est ce qu’on faisait. On accompagnait nos clients avec un fonds de promotion. La partie n’est plus la même», souligne le président. «À Québec, nous avons pas loin de 20 personnes spécialisées dans les médias sociaux et le marketing. Elles cherchent à comprendre comment rejoindre le consommateur. Si tu n’as pas les moyens de mettre en place des équipes ou de payer pour des experts, c’est certain que la partie va être plus difficile», poursuit-il.

Îlot Mendel

Quant au pôle commercial de l’Îlot Mendel, qui héberge déjà l’enseigne IKEA, le chantier pourrait connaître des retards. La direction de Cominar souhaite avoir le plan final du réseau de transport structurant de la Ville de Québec avant de statuer sur certaines phases. Des annonces de nouveaux joueurs devraient tout de même avoir lieu au cours des prochains mois.

«On regarde toutes les possibilités pour s’assurer que nous allons avoir le meilleur usage», note M. Cossette. Une partie de la superficie commerciale pourrait être transformée pour du bureau ou du résidentiel.

Cominar est notamment en discussions avec l’entreprise Développements Roussin, qui caressait un projet de 100 millions $ à deux pas du IKEA, afin d’offrir des projets complémentaires et porteurs pour le quartier. Au printemps 2018, la famille Roussin étudiait la possibilité d’aménager un parc commercialo-industriel sur son site.

M. Cossette assure que le climat plus difficile dans le commerce de détail n’a pas d’impact sur son développement à proximité du IKEA. Annoncé en 2016, seulement le géant français Décathlon a jusqu’à présent confirmé sa présence.