Pékin a annoncé vendredi une série d’exemptions de surtaxes douanières s’appliquant cette fois à certains produits agricoles américains.

Commerce : en signe d'apaisement, Pékin exempt de surtaxes des produits agricoles américains

PÉKIN — Nouveau geste de bonne volonté : Pékin a annoncé vendredi une série d’exemptions de surtaxes douanières s’appliquant cette fois à certains produits agricoles américains — chers à Donald Trump — à l’approche de nouveaux pourparlers commerciaux en octobre à Washington.

«La Chine encourage les entreprises concernées à acheter une certaine quantité de soja et de [viande de] porc en provenance des États-Unis», a annoncé l’agence officielle Chine nouvelle.

Cette annonce couronne une série de gestes d’apaisement cette semaine entre les deux premières puissances mondiales, engagées depuis l’an dernier dans une guerre commerciale. Ce bras de fer s’est déjà traduit par l’imposition de droits de douane réciproques sur des centaines de milliards de dollars d’échanges bilatéraux.

Les agriculteurs américains — une importante base électorale pour Donald Trump dans l’optique de la présidentielle de 2020 aux États-Unis — ont été parmi les plus durement touchés par les tensions commerciales.

La Chine «souhaite que la partie américaine tienne parole […] et crée les conditions favorables à la coopération dans le domaine de l’agriculture», a précisé Chine nouvelle.

Dans son très suivi journal du soir, la télévision publique CCTV a estimé vendredi que ces nouvelles exemptions de surtaxes douanières représentaient «un geste de bonne volonté» envers Washington. Elles «démontrent la sincérité (de la Chine) à résoudre» son différend commercial avec les États-Unis, a assuré un présentateur.

Le géant asiatique, dont l’économie est de plus en plus affectée par ce conflit qui dure depuis 18 mois, a fait le premier pas en annonçant mercredi son intention d’exempter de droits de douane certains produits en provenance des États-Unis, à compter du 17 septembre et pour un an.

Dans la foulée, Donald Trump décidait du report au 15 octobre d’une hausse des droits de douane sur des produits chinois représentant 250 milliards de dollars d’importations annuelles «en raison de la célébration, le 1er octobre, du 70e anniversaire de la République populaire de Chine».

«Faire des progrès»

Il s’agit d’un changement de ton pour le président américain qui a plusieurs fois accusé Pékin de revenir sur ses promesses d’augmenter ses achats de produits agricoles américains pour réduire l’énorme déficit commercial des États-Unis avec la Chine.

En 2018, il s’est élevé à 419,52 milliards de dollars (381 milliards d’euros).

Début mai, les deux pays étaient sur le point de signer un accord commercial quand les discussions s’étaient brutalement interrompues, l’administration Trump accusant alors la Chine d’avoir renoncé à ses engagements.

Mais ces derniers jours, cette même administration a multiplié les signes d’apaisement avant de nouvelles négociations bilatérales de haut niveau prévues en octobre à Washington.

«Nous ne voulons pas d’un voyage (des négociateurs chinois) qui ne soit qu’une série de discussions. Nous voulons faire des progrès substantiels», a assuré jeudi le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Il s’est toutefois refusé à préciser les points qui seraient spécifiquement évoqués lors des pourparlers.

Éviter le mécontentement 

De son côté, Donald Trump a indiqué jeudi qu’il n’excluait pas de signer un accord commercial provisoire avec la Chine, tout en affirmant qu’un accord global restait sa priorité.

«C’est quelque chose qu’on pourrait envisager», a dit le locataire de la Maison-Blanche.

Washington exige des autorités chinoises qu’elles mettent fin à des pratiques commerciales jugées «déloyales», en particulier le transfert forcé de technologies américaines, les subventions massives aux entreprises d’État chinoises ou encore le vol de la propriété intellectuelle.

L’exemption de surtaxes douanières sur le porc américain intervient au moment où la Chine, frappée par une grave épidémie de peste porcine qui fait flamber les prix et l’oblige à massivement importer, envisage de puiser dans ses réserves stratégiques de viande congelée.

Les prix du porc, de loin la viande la plus consommée dans le pays et incontournable dans les plats chinois, ont bondi de 46,7 % sur un an au mois d’août.

Pour éviter toute pénurie, et surtout tout mécontentement populaire qui pourrait entacher les festivités du 1er octobre en Chine — qui seront marquées notamment par un énorme défilé militaire à Pékin —, les autorités ont fait de l’approvisionnement suffisant en porc une priorité.