Les Galeries de la Capitale

Commerçant pris dans un bras de fer entre Oxford et Loto-Québec

Un commerçant des Galeries de la Capitale se retrouve pris dans un bras de fer entre Loto-Québec et le Groupe Oxford, copropriétaire du centre commercial.
Depuis cet automne, André Gauthier, propriétaire du dépanneur Presse Gateway, demande à la société d'État d'obtenir un terminal de loterie dans son commerce. Après plusieurs pourparlers, l'homme d'affaires s'est vu refuser sa première requête. Il a depuis réitéré sa demande. 
M. Gauthier assure avoir fait les choses dans les règles de l'art. Quelques semaines avant l'ouverture en novembre de son dépanneur, il avait déposé sa demande chez Loto-Québec. Sans cette machine, il estime que les chances de survie de son commerce sont «très minces». Toutefois, rien n'oblige Loto-Québec à fournir cet équipement à un commerçant.
«Tout était en place pour l'installation de la valideuse à l'ouverture de mon commerce. Tout, sauf qu'à la dernière minute, des responsables ont dit qu'ils devaient évaluer le marché des Galeries de la Capitale», écrit M. Gauthier, dans une missive qu'il a également fait parvenir à l'animateur de radio André Arthur. Ce dernier a d'ailleurs soulevé cette situation, il y a quelques semaines. 
«J'ai même reçu des rouleaux de papier pour opérer la valideuse. [...] Maintenant, si je n'ai pas cette machine, c'est certain que je n'arriverai pas. C'est Gateway qui s'occupe de payer le loyer pour le moment en raison de ce problème, mais ils ne le feront pas toujours. C'est 90 000 $ de revenus annuels que je n'ai pas», poursuit l'homme d'affaires.
Pétition
Après sa première demande, les semaines ont passé, M. Gauthier a même lancé une pétition récoltant plus de 2000 signatures, et finalement Loto-Québec a tranché. La réponse a été négative, «car il ne voyait pas le potentiel possible» dans le centre commercial de Lebourgneuf. Mentionnons que dans son plan d'affaires, le Groupe Oxford avait choisi de ne pas renouveler le bail en 2014 et en 2015 des deux kiosques de Loto-Québec gérés par des organismes sans but lucratif (OSBL). La direction souhaitait plutôt avoir un dépanneur afin de centraliser les services.
Aujourd'hui, la société d'État ne cache pas son intérêt pour le site. Elle aimerait voir plus d'ouverture de la part d'Oxford. Elle voudrait au moins un kiosque. Le modèle d'exploitation de cette division a d'ailleurs été revu récemment. 
«Dans son plan d'action, Loto-Québec désire assurer la pérennité du réseau des kiosques [109] et en faire son porte-étendard au niveau du service et de l'offre. Les ventes par kiosque sont cinq fois plus élevées que la moyenne du réseau de 8500 détaillants», note au Soleil le porte-parole de Loto-Québec, Patrice Lavoie. «Un kiosque retiré du réseau équivaut à une perte de profits de 350 000 $ annuels récurrents. [...] Et c'est également bénéfique pour les OSBL», poursuit-il.
Du côté d'Oxford, la possibilité d'avoir un nouveau kiosque central n'est pas sur la table pour le moment. L'entreprise déplore l'attitude des responsables de la société d'État dans ce dossier, soulignant «qu'ils sont sur le point de mettre un commerçant en faillite, car ils veulent avoir absolument leur kiosque». Selon le groupe immobilier, Loto-Québec fait preuve de mauvaise foi.
La direction avance même que la société d'État envisageait d'ouvrir une boutique pour avoir un point de vente dans le centre commercial. Il s'agirait d'une première dans la province.
«Moins rentable»
Du côté de l'un des OSBL responsables des anciens kiosques aux Galeries de la Capitale, soit la Fédération québécoise des centres communautaires et de loisirs, on souligne qu'il n'était plus «intéressant» d'opérer un point de vente dans ce centre commercial.
«C'était beaucoup de gestion. Depuis quelques années, c'était beaucoup moins rentable. C'est le conseil d'administration et la direction qui ont choisi de cesser les opérations dans les kiosques. Nous étions avec d'autres organismes», confie Jocelyne Nadeau, directrice générale par intérim.
Loto-Québec était présente dans le centre commercial depuis près de 30 ans. Le premier kiosque avait ouvert en 1988 et le second en 1999.