Pas une seule fois au cours des 25 dernières années Québec n'a connu un épisode de décroissance économique.

Comment se porte l'économie de Québec?

Et puis, comment se porte l'économie de la région métropolitaine de Québec?
Dans le document Bilan et Perspectives 2016-2017 qu'il vient de publier, l'organisme de développement économique Québec International répond à la question en posant son regard sur quelques-uns des principaux indicateurs économiques.
À notre tour, jetons un oeil sur la performance de ces indicateurs économiques en 2016. 
Croissance économique
Pas une seule fois au cours des 25 dernières années Québec n'a connu un épisode de décroissance économique.
Aucune autre région au Canada ne peut se vanter d'un tel exploit.
En 2016, la progression du PIB a été de 1,6 % par rapport à 2015 pour afficher 34,6 milliards $.
Bonne nouvelle. Après des années de vaches maigres, le secteur de la fabrication a repris de la vigueur comme en témoigne l'accroissement de 2,6 % des affaires.
Mauvaise nouvelle. Le marché de la construction a encaissé un repli de 3,4 %. Il s'agissait d'un quatrième recul consécutif.
Nouvelle rassurante. Le secteur des services - le moteur de l'économie régionale avec une part de 80 % de la valeur du PIB - continue d'avoir le vent en poupe avec une croissance affichant 1,4 %.
Démographie
À la fin de 2016, la région comptait 807 211 habitants. Une augmentation de 0,7 % par rapport à 2015.
La présence des immigrants est venue compenser les effets du vieillissement de la population. En effet, en 2015-2016, 3310 immigrants ont décidé d'établir leurs pénates dans la capitale. «Ce qui porte le bilan des cinq dernières années à 16 500 immigrants soit une hausse de 31 % par rapport à la période comprise entre 2006 et 2011», signale Québec International.
Toutefois, le vieillissement des troupes est inquiétant. 
«L'an dernier, la région comptait neuf jeunes, âgés de 20 à 29 ans, potentiellement aptes à entrer sur le marché du travail, pour 10 personnes, âgées de 55 à 64 ans, potentiellement aptes à prendre leur retraite. Ce ratio risque de glisser à 8 pour 10 d'ici cinq ans.»
Par ailleurs, la région devra apprendre à garder son monde.
«En 2015-2016, 1379 personnes d'une autre province se sont établies à Québec, alors que 2808 personnes de Québec ont pris la direction d'une autre province. Ainsi, la région affiche une perte nette interprovinciale de 3915 personnes pour la période 2010-2015.»
Investissement non résidentiel
En attendant, la construction du mégahôpital de l'Enfant-Jésus (1,9 milliard $), l'érection du Phare (600 millions $) et la modernisation des installations du Port de Québec (590 millions $), l'investissement non résidentiel a fait une pause en 2016.
Il a chuté de 8,5 % par rapport à 2015 pour s'établir à 775,9 millions $.
Pas de panique, rassure Québec International qui anticipait un tel phénomène étant donné que plusieurs projets d'envergure sont terminés, notamment dans le secteur commercial qui a levé le pied en 2016. Ce secteur, qui nous avait habitués à des dépenses moyennes annuelles de 678 millions $ au cours des cinq dernières années, n'a injecté que 528,7 millions $ en 2016.
Ce n'est que temporaire, avance Québec International qui prévoit que la région retrouvera un niveau de dépenses en immobilisation moyen de 900 millions $ par année. D'ailleurs, pour les trois premiers mois de 2017, l'investissement non résidentiel a augmenté de 2,4 % par rapport à la même période en 2016.
Marché de l'habitation
Le ralentissement des mises en chantier s'est poursuivi en 2016. L'offre de propriétés neuves et existantes sur le marché demeure grande.
Il s'est construit 4766 nouvelles unités en 2016. Un baisse de 12,4 % par rapport à la performance de 2015.
Les mises en chantier ne décolleront pas en flèche à court terme, estime Québec International.
«Elles demeureront autour de la barre des 4000 unités en 2017. Elles devraient ensuite évoluer entre 3000 et 3600 unités entre 2018 et 2021.»
Le marché de la revente a continué sa poussée. Le nombre de transactions s'est accru de 1,5 % en 2016. 
«Quant au prix médian des transactions, la majoration demeure faible. Une propriété unifamiliale s'est vendue autour de 248 000 $ l'an dernier, soit une hausse de 1 %. Pour le plex, le prix médian a atteint 306 000 $, une augmentation de 7 %. La copropriété a observé une baisse du prix de 4 % par rapport à 2015, pour atteindre 190 000 $.»
Marché du travail
C'est devenu redondant d'écrire que la région de Québec est la championne de l'emploi au Canada et qu'avec un taux de chômage de 4,6 % en 2016, elle faisait la barbe à toutes les régions métropolitaines d'un océan à l'autre.
Pourtant, Québec enregistrait une perte de 3800 emplois à la fin de 2016 par rapport à la même période en 2015. 
Un «retour du balancier» qui survient après deux années fastes qui avaient vu pousser 14 000 nouveaux emplois.
Ce repli n'est pas le fait de fermetures d'entreprise, mais plutôt de la contraction du bassin de main-d'oeuvre disponible, précise Québec International.
Les chercheurs d'emploi se font rares. Surtout les candidats âgés de 25 à 54 ans. Le taux de chômage des individus de ce groupe d'âge était d'à peine 3,9 % l'an dernier. Leur taux d'emploi affichait 88 %. 
La solution se trouve du côté des 55 à 64 ans. Leur taux d'emploi n'était que 31 %.
Dans sa boule de cristal, Québec International prévoit la création d'environ 20 000 emplois d'ici 2021.
Pouvoir d'achat
Nuage gris dans le ciel bleu.
Des faillites, la région en a enregistré 2065 l'an dernier. Pas moins de 1919 personnes ont déposé leur bilan. 
Des faillites d'entreprises, il y en a eu 146. Une hausse de 8,1 %.
«La santé financière des consommateurs semble troublée», relève Québec International en notant que la conjoncture économique n'était pourtant pas alarmante. Du moins, pas dans la région de Québec.
En effet, le salaire moyen était de 44 404 $ en 2016, en hausse de 1,9 %. 
Et le revenu personnel disponible par habitant grimpait de 2,3 % - un pourcentage dépassant celui de la hausse du taux d'inflation - pour atteindre 36 128 $. Dans aucune autre région de­ la Belle Province, le revenu personnel disponible n'était aussi élevé qu'à Québec.
Pas surprenant que les ventes des commerçants ont progressé de 1,9 % en 2016 pour atteindre 14,2 milliards $. 
Tourisme
Année du 400e anniversaire de Québec, 2008 constituait l'année de référence pour l'industrie touristique.
Il faudra dorénavant parler de 2016.
«La performance touristique de Québec en 2016 a dépassé les succès de 2008», mentionne Québec International. 
L'indice de fréquentation et d'activité touristique - qui pondère les résultats des secteurs de l'hébergement, de la restauration, des sites et attraits et des commerçants - a connu une hausse de 6,8 %. 
À lui seul, le taux d'occupation hôtelier s'est élevé à 65,8 %, ce qui lui a permis d'afficher la meilleure performance de la dernière décennie.
«Les indicateurs de fréquentation liés à l'aéroport, aux boutiques, aux sites et attraits de même qu'à la restauration ont affiché des gains de trois à sept points de pourcentage par rapport à 2015. À leur tour, ils ont atteint des niveaux inégalés depuis huit ans.»