Comment retenir les étudiants étrangers?

Tout un tour de force que réalise l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) à Québec. Près de 60 % des étudiants de cette université de deuxième et de troisième cycles proviennent d'une quarantaine de pays.
Ces étudiants étrangers apprécient tellement la qualité de la vie dans la capitale que 50 % des finissants décident d'y établir leurs pénates à la fin de leur parcours académique, signale le recteur par intérim Claude Arbour.
Un exploit étant donné que le taux de rétention des étudiants étrangers au Québec est d'à peine 25 %.
«Ce pourcentage, nous pouvons le doubler», affirme la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Katheen Weil.
Programme de l'expérience québécoise
Pour y arriver, cette dernière mise sur le Programme de l'expérience québécoise (PEQ) permettant à un étudiant étranger de recevoir son certificat de sélection du Québec 20 jours après l'acquisition de son diplôme. Il s'agit de la première étape menant à l'obtention de la résidence permanente au Canada.
Et pour faire connaître le PEQ, Kathleen Weil passe le ballon à Québec International qui aura le mandat de propager la bonne nouvelle auprès des étudiants étrangers inscrits dans les établissements d'enseignement de la région de Québec dans l'espoir que ceux-ci décident de s'établir dans la Belle Province de façon permanente à la fin de leurs études. 
 «Québec International disposera d'un budget de 205 000 $ sur une période de trois ans pour tenir des assemblées d'information avec les étudiants étrangers, pour promouvoir la qualité de vie dans la région et les possibilités d'emploi, et ce, en collaboration avec les établissements d'enseignement et les acteurs socioéconomiques», a annoncé, mardi, la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion. 
Au cours des trois prochaines années, l'objectif sera d'augmenter de 300 à 500 le nombre de certificats de sélection du Québec qui seront délivrés à des étudiants étrangers fréquentant les collèges et les universités de la région.
«C'est évident que l'on ne peut pas tous les garder au Québec», avoue Mme Weil. «Plusieurs retournent dans leur pays d'origine. Et le Québec n'est pas tout seul dans le monde à vivre des problèmes de main-d'oeuvre et de vieillissement de la population et à s'intéresser aux diplômés étrangers»
«Les étudiants étrangers constituent des candidats de choix pour l'immigration permanente. Ils sortent de nos institutions avec un diplôme québécois sous le bras. Ils connaissent bien la société québécoise et leur intégration est déjà bien amorcée, notamment au chapitre de la langue. Le français est la clé pour une intégration réussie au Québec», insiste la ministre en précisant que les étudiants étrangers recherchaient avant tout un milieu qui leur procurera une belle qualité de vie et de bons emplois. 
«Faisons en sorte que leur projet d'étude se transforme en projet de vie.»
Près de 7000 étudiants étrangers dans la région 
La région de Québec accueille sur leur territoire près de 7000 étudiants étrangers. De ce nombre, 5000 sont inscrits à l'Université Laval.
«Il faut favoriser l'accès à l'emploi pour les étudiants étrangers, leur faire connaître les opportunités de carrière et s'assurer que le profil de chacun d'entre eux soit connu des employeurs», indique le pdg de Québec International, Carl Viel. 
Le marché de l'emploi préoccupe les entrepreneurs : le taux de chômage est le plus bas au pays, le nombre d'emplois progresse plus vite que le nombre de travailleurs disponibles et le taux de remplacement de la main-d'oeuvre fait en sorte qu'il n'y aura bientôt que 8 personnes pour remplacer 10 travailleurs qui quitteront pour la retraite.
«À Québec, les immigrants sont bien intégrés sur le marché du travail. Leur taux de chômage est pratiquement identique à celui de l'ensemble de la population. Et leur taux d'emploi [73 %] est plus élevé que celui de l'ensemble de la population [66 %].»