Le chef de la direction de Cominar, Michel Dallaire

Cominar «revient à ses racines»

Vingt-quatre heures après l'annonce de la mise en vente d'immeubles d'une valeur de 1,2 milliard $, l'action du Fonds de placement immobilier Cominar a grimpé de 5,16 % mercredi pour atteindre 13,46 $ à la Bourse de Toronto.
Mardi, le Fonds a annoncé après la fermeture du parquet torontois la mise en vente de ses actifs immobiliers à l'extérieur de la province de Québec et de la région d'Ottawa. Avec cette mesure, Cominar souhaite réduire le niveau de sa dette et concentrer dorénavant ses activités sur ses principaux marchés d'affaires.
«Ce sont nos propriétés à Toronto, à Calgary et dans les provinces de l'Atlantique que nous mettons à vendre», indique au Soleil Caroline Lacroix, vice-présidente aux communications et marketing chez Cominar (TSX:CUF.UN). Selon des données du site Internet du Fonds, Cominar détient dans son portefeuille une centaine d'immeubles - commerciaux, bureaux et industriels - à l'extérieur du Québec et d'Ottawa. «Il y aura sans doute plusieurs acheteurs», poursuit-elle.
Pour l'entreprise, cette stratégie s'inscrivait dans le plan d'affaires depuis un bon moment. Elle permettra entre autres au plus important propriétaire foncier de la région de Québec de réaliser de nouvelles acquisitions et de développer de nouveaux projets, notamment à Québec et à Montréal.
«Pour nous, c'était la logique. C'est en lien avec notre plan d'affaires», note au bout du fil Mme Lacroix. «La cote de crédit que nous avait attribué préalablement l'agence de notation DBRS ne nous permettait pas de faire ce choix. Cela nous contraignait même à maintenir une certaine répartition géographique. Maintenant, nous avons plus de flexibilité», ajoute-t-elle. 
Au début du mois d'août, DBRS avait annoncé par communiqué abaisser la cote de la société de BBB (faible) à BB (élevée).
«Au cours des dernières années, Cominar a beaucoup grandi par acquisition. C'est normal que lorsque nous réalisons l'achat de portefeuilles, ce ne sont pas tous les actifs qui sont stratégiques. Il y a des propriétés que l'on conserve, mais qui ne sont pas nécessairement en lien avec notre plan d'affaires. Cette opportunité va maintenant nous permettre de recentrer notre portefeuille et de poursuivre notre plan et notre vision», explique la vice-présidente aux communications, assurant que cette décision n'a aucun lien avec le complexe immobilier Le Phare du Groupe Dallaire, à Sainte-Foy, un projet de 650 millions $.
Par ailleurs, cette annonce de Cominar a forcé plusieurs experts des finances à revoir leur recommandation de performance de marché. Heather Kirk, de BMO Marchés des capitaux, a notamment augmenté sa prévision à 15 $. Elle était de 13,50 $ avant l'annonce de mardi. Dans le meilleur des scénarios, BMO avance que l'action pourrait atteindre 18 $ et dans le pire des scénarios, 11 $.
«Nous estimons que le fait de concentrer ses activités sur le marché québécois permettra à la société d'augmenter sa croissance, de réduire ses risques et lui offrira une plus grande flexibilité financière pour poursuivre ses acquisitions et son développement à travers la province. [...] Un marché où l'entreprise possède un avantage concurrentiel», peut-on lire dans la note. «Cette stratégie ramène Cominar à ses racines, lorsque la société est devenue publique» en 1998.
Cominar est le troisième fonds de placement immobilier diversifié en importance au Canada et la superficie locative de son portefeuille totalise actuellement 44,1 millions de pieds carrés au Québec, en Ontario, dans les provinces de l'Atlantique et dans l'Ouest canadien. L'entreprise détient 524 immeubles répartis dans trois secteurs d'activité distincts, soit les immeubles de bureaux, les immeubles commerciaux et les immeubles industriels et polyvalents.
En août 2016, l'action du Fonds se négociait aux alentours de 17 $ dans la Ville Reine.
Une conférence téléphonique sur l'annonce de la mise en vente des propriétés se tiendra jeudi avec le chef de la direction de Cominar, Michel Dallaire.