Selon une étude menée pour l'Alliance nationale des associations de golf, de 2008 à 2013, le nombre de rondes jouées par terrain a considérablement diminué pour passer de 28 700 à 26 100 par année.

Clubs de golf: une industrie à la recherche d'une relève

Deux départs pour le prix d'un, des droits de jeux à 35 $ - voiturette comprise - avant 9h30 et après 15h, des forfaits golf illimité pour toute la saison après 16h pour moins de 600 $. Les clubs de golf du Québec tentent tant bien que mal d'attirer de nouveaux talents sur leurs tertres de départ. 
Confrontée à une stagnation des revenus depuis déjà plusieurs années, l'industrie du golf multiplie ses initiatives non seulement pour conserver ses membres, mais aussi afin de se bâtir une relève. 
«Offrir des forfaits de 10 ou 20 parties, ce n'est pas un phénomène que l'on voyait il y a 30 ans», explique la présidente de l'Association des terrains de golf du Québec (ATGQ), Ève Gaudet, également directrice du Golf Montcalm dans Lanaudière. «Les gens sont moins membres dans des clubs, ils sont davantage des golfeurs itinérants. Les forfaits de parties en livret, ça les intéresse. Il n'y a pas moins de golfeurs, il y a un moins grand nombre de parties jouées par ces derniers par année.» 
Une situation inquiétante? «Non», estime Anatole Robichaud, propriétaire du Club de golf l'Albatros, qui a vu son terrain réduit de 18 à 15 trous cette année. 
«Il n'y a pas moins de golfeurs», ajoute Michel Noël, propriétaire du Golf Mont-Tourbillon, du Golf Royal Charbourg et actionnaire au club de golf Le Grand Portneuf. «Notre relève est bien là. La clientèle féminine est beaucoup plus présente qu'avant sur nos terrains. Bien sûr, il faut continuer à s'adapter, avec notamment des promotions». 
Ce dernier reconnaît cependant que la compétition est de plus en plus forte entre les différents clubs pour s'arracher des joueurs dans la région. «Il s'est ajouté beaucoup, beaucoup de terrains de golf», note-t-il. 
Trois fermetures 
Pour l'heure, la baisse d'achalandage a entraîné en 2013-2014 la fermeture d'au moins trois terrains de golf au Québec. Il s'agit des clubs de golf Mascouche (Lanaudière), La Providence (Saint-Hyacinthe) ainsi que Deux-Montagnes (Laurentides). Des dizaines d'autres terrains pourraient aussi être vendus à des promoteurs immobiliers au cours des prochaines années en raison de leur situation précaire. 
De quoi se demander si les clubs de golf ont surfé trop longtemps sur la vague du baby-boom? «Non, je ne pense pas. Les gens ont tout simplement plus de temps pour différents loisirs», soutient M. Noël. 
Au golf Le St-Ferréol, au Mont-Sainte-Anne, la situation est très difficile depuis quelques années. «Il faut en faire beaucoup pour survivre, et ce, en plus des promotions», affirme Suzanne Royer, employée du golf depuis 25 ans. «Les gens nous appellent et font le tour des terrains et vont sur le terrain le moins cher. Lorsqu'il n'y a pas de spéciaux, il n'y a plus personne.» 
L'adjointe administrative ne cache pas que des offres d'achat ont été faites pour le golf Le St-Ferréol. «Quelques personnes veulent acheter le terrain de golf», a-t-elle confirmé au Soleil, ajoutant que les offres sont souvent très dérisoires. 
Selon une étude sur l'impact économique du golf au Canada, menée pour l'Alliance nationale des associations de golf (NAGA), de 2008 à 2013, le nombre de rondes jouées par terrain a considérablement diminué pour passer de 28 700 à 26 100 par année. 
L'étude de la NAGA note également que la baisse de la fréquentation des terrains semble avoir un impact négatif sur le nombre d'emplois directs dans l'industrie, qui, de 2009 à 2013, a fléchi de 18,7 % pour se chiffrer à 126 000 à l'échelle nationale. 
Le golf au Québec
1 million de golfeurs 
8,7 millions de parties jouées en moyenne par année 
400 millions $ de revenus 
350 exploitants de terrains de golf 
500 écoles avec un programme de golf en milieu scolaire
Avec La Presse Canadienne