Voici les unes du Soleil au lendemain de chaque budget présenté par l'administration Labeaume, de décembre 2008 à décembre 2011.

Cinq budgets de l'«ère Labeaume»

La Ville de Québec présentera ce matin un budget marquant cinq ans de l'«ère Labeaume». Dans les faits, l'exercice budgétaire de lundi est le sixième du maire de Québec.
Arrivé au pouvoir le 2 décembre 2007 après le décès subit de la mairesse Andrée P. Boucher, Régis Labeaume avait présenté deux semaines plus tard un budget largement préparé par l'administration précédente. Il était toutefois arrivé à y inclure plusieurs engagements électoraux, dont une hausse moyenne de taxes sous l'inflation (1,9 %) et, déjà, un fort intérêt pour les investissements dans les équipements sportifs.
Mais la griffe de Régis Labeaume, on l'a véritablement perçue à partir du budget suivant. En cette journée de budget 2013, Le Soleil vous propose un rappel de l'état du portefeuille de la Ville de Québec depuis cinq ans.
>> 2009 - Pelleter en avant
Premier véritable budget aux couleurs de l'administration Labeaume sur fond de crise financière internationale. Attendez-vous à des hausses de taxes jusqu'en 2013 au moins, prévient le maire en poste depuis un an. «Dans le fond, on annonce que la seule méthode qu'on a entre les mains pour amortir le choc [de la crise financière] est de pelleter par en avant. C'est carrément ça : pelletons par en avant, sinon le choc devra être amorti en une année.» Les propriétaires ont été taxés en moyenne à 2,3%. Le rattrapage hérité des fusions se fait toutefois fortement sentir dans Sainte-Foy et Sillery, où la moyenne de la hausse est de 6,2% et de 7,4%.
>> 2010 - Hausses salées
Le budget 2010 est marqué par des hausses de taxes parfois salées pour certains contribuables à l'heure de l'explosion du prix des maisons. La valeur des propriétés à Québec venait en effet d'augmenter de 29% depuis la dernière évaluation municipale. Le Soleil rapportait notamment le cas d'un couple de Loretteville qui a vu la valeur de sa maison tripler et les taxes augmenter de... 155%. Le budget 2009 marque aussi le début d'une tendance qui se poursuit à ce jour : investir massivement dans les infrastructures. Préférant investir pour «éviter que les tuyaux pètent et que les rues soient crevassées», le maire Régis Labeaume avait jugé qu'un gel de taxes aurait été «irresponsable».
>> 2011 - Le spectre de la dette
Dépenses en hausse de 5,1% pour ce budget 2011 de 1,2 milliard$, deux fois plus que l'inflation. Malgré tout, les taxes avaient connu une hausse modérée de 1,3 % en moyenne. Cette année-là, le spectre de la dette commence aussi à hanter l'administration Labeaume. Impossible de penser la rembourser, avait alors dit le maire en déclarant qu'il avait «hérité de ruines» de l'administration précédente. «J'ai hérité de la dette élevée, du taux de taxation élevé et des infrastructures pourries, avait-il énuméré. Vous me demandez pourquoi je ne rembourse pas la dette? Excusez, ça ne se fait pas!» avait-il lancé. Le budget 2011 montrait aussi une masse salariale à la hausse. Au moment de la présentation du budget, le 15 décembre 2010, l'administration Labeaume avait supprimé 200 des 500 postes qu'elle avait annoncé vouloir retrancher à partir de 2008.
>> 2012 - Le «mur» des régimes de retraite
«On s'en va dans le mur», a lancé Régis Labeaume le 19 décembre 2011. Le mur? Les déficits des régimes de retraite dont le maire de Québec a fait son thème privilégié en 2012. Une phrase qu'il a reprise de nombreuses fois tout au long de l'année. Le déficit de capitalisation était en 2011 de 659 millions$, avait annoncé le maire. En mai, il l'estimait à 750 millions$, pendant que la question a été au coeur des relations particulièrement houleuses avec les syndicats de la Ville. Le déficit des régimes de retraite est aussi déjà annoncé comme un thème majeur du budget présenté lundi. Quant au taux de taxation, il était en moyenne le même que celui de l'inflation, soit 2,4%. Un pourcentage auquel on s'attend encore cette année.