La coupe du bois doit être terminée avant le 31 mars, en raison de la nidification des oiseaux.

Cimenterie à Port-Daniel: des ratés dans le déboisement

La firme Ciment McInnis a vécu quelques ratés au cours de la dernière semaine sur l'emplacement où elle prévoit ériger une cimenterie de 1 milliard $. Des travaux de déboisement ont été interrompus par la Commission de la santé et de la sécurité du travail, et des citoyens auraient souhaité que ce bois circule sur un autre chemin que le leur.
Le déboisement est nécessaire parce que la surface qu'occupera le complexe est plus grande que celle dégagée en 1998, lors des premiers travaux de coupe de bois et d'excavation. Toutefois, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a jugé bon de les arrêter le 19 mars.
«La présence importante de neige poussait des travailleurs à exécuter les tâches de débroussaillage en raquettes. La CSST a estimé que ces travaux présentaient des risques, comme des chutes à cause d'un pied pris, le contrecoup de la débroussailleuse sur la raquette, l'instabilité sur le sol qui peut s'affaisser parce que la neige ne supporte pas le travailleur en raquettes, et un terrain à pente accentuée. L'employeur doit s'assurer que les travaux ne présentent pas de risque. Les travaux de débroussaillage manuel en raquettes présentent actuellement des risques pour la sécurité des travailleurs. La CSST se doit de suspendre ce type de travaux», explique Maxime Boucher, porte-parole de la CSST.
Cet arrêt a forcé Ciment McInnis à demander à son sous-traitant, Forêt MC, de poursuivre avec des débroussailleuses multifonctionnelles mécanisées.
Date butoir à respecter
Le porte-parole de Ciment McInnis, Raymond Forget, précise que les travaux ont repris rapidement après l'arrêt. Ils doivent être terminés avant le 31 mars, une exigence du ministère de l'Environnement parce que le lieu est un site de nidification d'oiseaux.
«En ce qui concerne les raquettes, il y a eu mésentente. Forêt MC est un sous-traitant professionnel. Ils travaillent sur de nombreux chantiers. C'est une méthode [les raquettes] courante. On voulait encourager la main-d'oeuvre locale. Hydro [Québec] est à l'aise avec ça, mais pas la CSST», ajoute M. Forget.
Félicien Blais, un citoyen vivant près de l'emplacement dégagé pour la cimenterie, aurait pour sa part souhaité que Ciment McInnis respecte son engagement de transporter le bois par une route que la firme devait aménager pour créer une intersection directe avec la route 132.
«Le bois sort par la route de l'anse McInnis [...] Ça ne fait pas de bien à un chemin. Ça fait des trous. Ils étaient supposés sortir ce bois par en haut. Il n'y a pas moyen de savoir pourquoi [l'engagement n'est pas tenu]», dit-il.
Raymond Forget précise que la situation s'explique du fait «que le projet [de construction de la cimenterie] n'est pas démarré». Quand il le sera, «la première chose qu'on va faire, c'est l'intersection avec la route 132».