La valeur foncière de la cimenterie de Port-Daniel s’établit à 180 millions$. L’usine procure du travail à 153 personnes.

Ciment McInnis: une mine d'or pour Port-Daniel-Gascons

PORT-DANIEL-GASCONS – L’évaluation foncière de l’usine de Ciment McInnis s’établit désormais à 180 millions$, une particularité qui double pratiquement le budget municipal de Port-Daniel-Gascons et qui facilitera la réalisation de plusieurs projets dans le village de 2700 personnes.

Depuis 2016, Ciment McInnis versait à Port-Daniel-Gascons une avance en attendant que la firme Servitech termine l’évaluation de l’usine, dont la construction a été achevée en juin 2017.
Cette avance s’est établie à 300 000$ en 2016, et à 1 million$ pour chacune des deux années suivantes.

«Le 1er janvier 2017, l’usine valait 86 millions$ et ça correspondait à un paiement de taxes de 1 million$. Le 1er mars 2017, l’usine valait 104 millions$. À la dernière évaluation, Servitech a établi que l’usine valait 186 millions$ au 1er octobre 2017, alors que la construction était terminée», précise Henri Grenier, maire de Port-Daniel-Gascons.

La valeur croissante de l’usine lors du parachèvement de la construction signifie donc que Ciment McInnis devait 1.5 million$ en arrérages de taxes municipales liées aux années 2017 et 2018, à raison de 500 000$ pour l’an passé et 1 million$ pour cette année.

«Avant Ciment McInnis, notre budget annuel était de 2,3 millions$ par année. Il vient presque de doubler. L’année prochaine, Ciment McInnis devrait nous verser 2,1 millions$, ce qui va porter notre budget à 4.4 millions$», ajoute le maire Grenier.

Ciment McInnis accepte les chiffres de Servitech sans contester, puisque «l’évaluation a été réalisée en collaboration», signale Maryse Tremblay, de la cimenterie.

La réalisation de l’usine de Port-Daniel a nécessité un investissement de 1,5 milliard$, incluant un dépassement de coût de 444 millions$ dévoilé en juin 2016. La firme, contrôlée depuis 27 mois par la Caisse de dépôt et placement du Québec, a aussi investi dans des terminaux de réception de ciment près de Montréal, en Ontario et dans le Bronx, à New York.

«Les équipements servant à la production ne sont pas comptabilisés dans l’évaluation municipale», note le maire pour souligner l’écart entre l’investissement et l’évaluation foncière.

Du «gros positif»

M. Grenier spécifie qu’un budget municipal qui double en deux ans facilite la réalisation de projets nécessitant du financement de Port-Daniel-Gascons.

Le premier projet visera à doter le secteur de Gascons d’un réseau d’aqueduc, un projet évalué à 28,6 millions$ admissibles à une aide publique de 26,6 millions$. La part municipale de 2 millions$ inquiète moins quand elle correspond à la hausse des nouveaux revenus de la ville.

«On a un paquet de projets. En 2015, on avait consulté la population de la municipalité pour préparer un plan de développement. En 2017, on a investi 3,5 millions$ dans les routes municipales. Bon, on a reçu des programmes d’aide de 75% et parfois de 90%, mais l’argent des nouvelles taxes sert de levier de développement», explique le maire.

Deux édifices à logements, 12 unités pour personnes de plus de 65 ans et 24 unités pour citoyens de plus de 73 ans, sont en planification. Ils devraient coûter 7 millions$ et là aussi, une contribution municipale est attendue.

«On travaille aussi à l’aménagement d’une zone industrielle, avec Ciment McInnis, à un projet pour localiser notre caserne incendie et notre garage municipal dans l’ancien aréna, pour 3.3 millions$, et à l’amélioration de la salle multifonctionnelle de Gascons. Au début, le monde s’attendait à plus de la cimenterie, et plus vite. Ce qui se passe est du gros positif, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain. Ça va prendre des années pour faire une municipalité plus attrayante», conclut Henri Grenier.