Simon Langlois, copropriétaire de Charbon de bois Feuille d'érable

Charbon de bois Feuille d'érable investit 1 million $ dans Portneuf

Des exigences environnementales de plus en plus élevées ont sonné le glas de plusieurs fabriques de charbon de bois. «Il ne reste plus que deux charbonneries au Canada, nous et l'usine de charbon de Bois francs Basques dans le Bas-Saint-Laurent», rend compte Simon Langlois, copropriétaire de Charbon de bois Feuille d'érable de Sainte-Christine-d'Auvergne dans la région de Portneuf.
Avec un vieil ami d'enfance, Sylvain Naud, il a fait l'acquisition, il y a quatre mois, de l'entreprise fondée en 1955. Hier, ils annonçaient la réalisation d'un projet de modernisation des équipements d'un million de dollars qui permettra de consolider la vingtaine d'emplois et même éventuellement d'en créer de nouveaux. Le gouvernement fédéral a versé une contribution remboursable de 250 000 $ pour aider les deux entrepreneurs à réaliser leur investissement.
Nouveau séchoir
Un nouveau séchoir permet d'améliorer la conversion des résidus de feuillus recueillis dans la forêt portneuvoise en charbon de bois pour la cuisson au BBQ et pour diverses utilisations en horticulture, en milieu industriel et en nutrition animale. L'entreprise vend aussi du bois de chauffage, un bois préalablement séché au four à haute température pour produire une énergie supérieure par rapport au bois séché à l'air de manière conventionnelle. Les produits du fabricant sont vendus dans l'est de l'Amérique du Nord.
Normalement, les résidus de bois, qui contiennent entre 40 % et 50 % d'humidité, ont besoin de quelques saisons à l'abri pour s'assécher avant d'être brûlés dans des fours par un procédé de pyrolyse. Le nouvel équipement permettra de réduire considérablement le temps de séchage.
La chaleur produite par la combustion du bois dans les 15 fours de l'entreprise sera captée, puis dirigée vers le séchoir. «Cette chaleur fournit une source d'énergie verte et peu coûteuse», souligne M. Langlois au Soleil.
Traitement des eaux
En collaboration avec l'Université du Québec à Trois-Rivières, Charbon de bois Feuille d'érable est à concevoir un procédé qui devrait permettre, d'ici trois à quatre ans, de produire du charbon de bois activé qui est utilisé dans plusieurs municipalités pour les opérations de traitement des eaux. Or, des producteurs de charbon de bois activé, il n'y en a plus au Canada. «Pour les trouver, il faut aller aux États-Unis ou en Chine», fait remarquer Simon Langlois, un ingénieur chimique, spécialisé dans le secteur des pâtes et papiers, qui rentre au bercail après un séjour de 10 ans en Europe, où il travaillait pour DuPont. «Ce marché est actuellement d'un milliard de dollars et ne cesse de croître à travers le monde.»
Quant au marché plus traditionnel du charbon de bois et de la briquette pour le BBQ, Simon Langlois constate qu'il y a un regain d'intérêt et que les consommateurs découvrent - ou redécouvrent - le goût incomparable d'une viande cuite sur le bon vieux charcoal.