En juillet 2017, Chantier Davie inaugurait le navire ravitailleur Asterix en présence d’invités et de nombreux employés.

Chantier Davie se vide

Véritable fourmilière au moment de la construction de l’Asterix avec 1500 travailleurs au boulot, Chantier Davie ne compte plus que 400 employés, sept mois après le départ du navire ravitailleur du chantier maritime de Lévis.

À la demande du Soleil, Davie a fourni des données sur l’état de ses effectifs alors qu’il vient tout juste de livrer un premier bateau-passeur — le Armand-Imbeau II — à la Société des traversiers du Québec (STQ) et que les travaux d’entretien et de réparation sur le brise-glace Des Grosseillers de la Garde côtière sont terminés.

Ainsi, à partir du moment où Davie a reçu la confirmation du gouvernement fédéral que la Marine royale n’aura pas besoin d’un deuxième navire ravitailleur — l’Obelix — , il y a eu «plus de 1100 mises à pied» parmi l’ensemble de ses employés, indique l’entreprise dans un courriel.

Avec un carnet de commandes pratiquement à sec, des travailleurs du millier de fournisseurs de Davie au Canada ont aussi quitté le chantier.

«Selon une enquête effectuée par l’Association des fournisseurs de Chantier Davie, 967 emplois ont été perdus au sein de la chaîne d’approvisionnement québécoise», signale la direction du chantier.

D’autres mises à pied parmi les employés de Davie pourraient survenir au cours des prochains mois. En effet, le chantier doit livrer, à la fin de septembre, le deuxième bateau-passeur à la STQ — le Jos-Deschênes II — pour la traverse Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine.

Après le Joe-Deschênes II, c’est l’inconnu pour l’entreprise et ses travailleurs.

Rappelons qu'au moment où les nouveaux propriétaire de Davie ont pris les commandes en 2012, il n'y avait qu'une poignée de salariés, notamment des agents de sécurité et des employés d'entretien.

Ottawa se fait attendre

La bouée de sauvetage, à court terme, ça pourrait être le projet Resolute qui prévoit la conversion de trois brise-glaces pour la Garde côtière.

Le 22 juin, Services publics et de l’Approvisionnement Canada annonçait l’intention d’Ottawa de retenir les services de Davie pour l’acquisition et la conversion de trois brise-glaces. Le gouvernement accordait une période de 15 jours à tous les fournisseurs pour déposer des propositions «comparables» à celle de Davie. Le délai est terminé et Ottawa n’a toujours pas «officiellement» accorder le contrat au chantier de Lévis.

«Le gouvernement évalue actuellement si les réponses reçues répondent aux exigences de la Garde côtière», a indiqué, plus tôt cette semaine, Services publics et de l’Approvisionnement Canada au Soleil.

«Nous souhaitons conclure les négociations avec le fédéral pour l’acquisition et la conversion de trois brise-glaces pour pouvoir amorcer les travaux le plus rapidement possible», a fait savoir Frédérik Boisvert, vice-président aux Affaires publiques de Davie. «Évidemment, nous souhaitons que ces travaux puissent sécuriser des centaines d’emplois si l’ensemble de nos propositions sont acceptées.»

Selon M. Boisvert, «les travaux de conversion pourraient s’échelonner jusqu’à la fin 2019.»

La flotte prend de l’âge

Par ailleurs, la Société de développement économique du Saint-Laurent a publié, la semaine dernière, un article portant sur les impacts du vieillissement de la flotte de brise-glaces de la Garde côtière.

Alors que la «durée de vie utile moyenne» d’un navire est d’environ 40 ans, la Sodes fait ressortir que l’âge moyen des brise-glaces tourne autour de 38 ans. (Voir la liste)

«Les travaux d’entretien et de prolongement de vie des navires prévus jusqu’en 2021-2022, soustrairont, chaque année, 1 ou 2 navires de la flotte pour des périodes prolongées», indique-t-on.
Évidemment, cette réalité a des conséquences sur les services dispensés pendant l’hiver.

«Pour la période 2017-2022, l’écart appréhendé entre les besoins et le niveau de service anticipé se situe autour de 18,5% pour l’ensemble des secteurs géographiques du sud du Canada pendant la saison hivernale. Cette prévision ne tient pas compte des bris qui pourraient survenir de façon imprévue ou encore des conditions météorologiques particulières.»