L'éditeur de La Presse Guy Crevier et le président, Pierre-Elliott Levasseur

Changements à «La Presse»: le Bloc déplore la «précipitation» des démarches

Plusieurs questions subsistent quant aux changements apportés à la structure et au financement du quotidien «La Presse», selon le Bloc québécois, qui déplore la «précipitation» des démarches.

Les dirigeants de La Presse ont annoncé la semaine dernière que le journal se détacherait de Power Corporation pour devenir un organisme indépendant à but non lucratif (OBNL), ouvrant ainsi la porte à des dons philanthropiques, à une aide gouvernementale et à un régime fiscal plus avantageux, tout en se mettant à l’abri d’acheteurs éventuels.

Pour que cette transformation puisse se concrétiser, les députés du Québec devront adopter un nouveau projet de loi qui aurait pour effet de rendre caduque la loi 262 de 1967. Étant donné que la session parlementaire à Québec tire à sa fin, le temps presse.

La chef du Bloc québécois et députée à l’Assemblée nationale Martine Ouellet déplore le manque d’informations disponibles pour les parlementaires québécois.

Le parti demande notamment la publication des états financiers de La Presse, qui sont actuellement compris dans ceux de Power Corporation.

En conférence de presse à Montréal, lundi, Mme Ouellet a souligné que pour que la loi soit adoptée avant la fin de la session, il faudra «utiliser une procédure d’exception et des procédures accélérées, bref, raccourcir les débats».

«Pourquoi cette précipitation? La non-rentabilité de La Presse circule dans le milieu depuis fort longtemps, et Power Corporation a probablement dû absorber plusieurs déficits des dernières années», a déclaré Mme Ouellet dans un communiqué.

Le Bloc s’inquiète aussi de possibles pertes d’emplois à La Presse.

«Pourquoi Power Corporation a-t-elle créé ce climat de crise avec les menaces de pertes d’emploi à ce moment-ci alors que la situation est connue de leur part depuis fort longtemps?» a-t-elle ajouté.

Le parti se questionne également sur le modèle d’affaire privilégié par les dirigeants du quotidien.

«Est-ce que le modèle coopératif serait plus intéressant? Est-ce que le modèle proposé par Power Corporation va garantir le maintien de tous les emplois? Sinon, combien d’emplois seront perdus et lesquels?» a demandé Gilbert Paquette, conseiller spécial de Mme Ouellet.