Cumulant 27 ans d'expérience dans le domaine, Claude Boulanger succédera à André Martel à la tête d'Aluminerie Alouette. M. Boulanger occupe la direction de l'usine Grande-Baie de Rio Tinto au Saguenay.

Changement de direction chez Alouette

Aluminerie Alouette aura un nouveau patron d'ici un mois. Le président et chef de la direction André Martel a annoncé hier qu'il prenait sa retraite de l'industrie, après y avoir travaillé pendant plus de 36 ans, dont 5 à la barre de l'aluminerie de Sept-Îles. C'est le directeur de l'usine Grande-Baie de Rio Tinto Alcan au Saguenay, Claude Boulanger, qui lui succédera.
<p>Le président et chef de la direction d'Aluminerie Alouette, André Martel, prend sa retraite de l'industrie de l'aluminium et quitte la barre de l'aluminerie.</p>
André Martel quitte ses fonctions avec le sentiment du devoir accompli. «Je pense avoir été capable de conserver la réputation enviable de l'entreprise», confie-t-il. Parmi ses bons coups, il note la diminution du nombre de blessures à l'usine, un objectif qu'il s'était fixé dès son arrivée. «On parle d'une réduction de 80 % depuis les dernières années, explique-t-il. Je suis très fier du virage sécurité entrepris.»
Même s'il ne pourra y mettre la touche finale, André Martel est satisfait des pions alignés sous sa gouverne pour la réalisation de la troisième phase d'expansion de l'aluminerie, un projet de 2 milliards $ sur la planche à dessin. «Je pense que nous sommes en meilleure position qu'il y a quatre ou cinq ans, avance M. Martel. Il faut non seulement l'idée, mais être capable de la supporter», ajoute-t-il.
L'aluminerie a d'ailleurs effectué des progrès majeurs en matière de technologie en ce qui concerne ses cuves. «Nous sommes toujours dans le calendrier original», assure-t-il. Reste aussi à ce que le marché de l'aluminium se redresse, affirme M. Martel, et que l'aluminerie s'entende avec le gouvernement québécois sur l'octroi d'un tarif d'électricité qui lui permettra de maintenir sa compétitivité sur l'échiquier mondial.
Sur ce dernier point, André Martel a bon espoir de parvenir à une entente d'ici la fin de l'année. «On ne voit pas pourquoi on ne serait pas capable, mais il reste encore un peu de chemin à faire», soutient-il. Les discussions doivent reprendre de façon plus intensive après les vacances. Alouette compte toujours sur un bloc énergétique de 500 mégawatts, accordé par le gouvernement de Jean Charest, en octobre 2011.
La phase 3 se traduirait par l'ajout d'une salle de cuves, ce qui ferait grimper la production annuelle de l'aluminerie, à plus de 900 000 tonnes de métal gris. Avec les avancées technologiques, André Martel espère que l'entreprise parvienne à produire, d'ici 10 ans, jusqu'à un million de tonnes par an. «Alouette a tout le potentiel d'en arriver là, et la région aussi.»
André Martel agira à titre de consultant stratégique jusqu'à ce que se termine 2014 pour faciliter la transition. Le dirigeant pourra donc, à son grand bonheur, assister à l'inauguration du pavillon universitaire Alouette, prévue à l'automne, et pour lequel son entreprise a allongé 10 millions $.