CGI croit pouvoir profiter de la hausse des dépenses technologiques

MONTRÉAL - En dépit des tensions commerciales mondiales, les entreprises vont continuer à investir massivement dans les technologies et Groupe CGI est en bonne posture pour profiter de ce marché en croissance, croit le président et chef de la direction de la multinationale québécoise, George Schindler.

À son avis, tant les consommateurs que les autres citoyens désirent avoir accès à une expérience plus numérique, ce qui force les sociétés et les gouvernements à agir.

«Ce n’est vraiment pas une situation où ils peuvent décider de ne pas investir», a dit M. Schindler, mercredi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre de CGI. 

L’entreprise a dépassé les attentes à ce chapitre, ce qui a fait bondir son action à la Bourse de Toronto.

D’après les estimations de l’entreprise spécialisée dans les technologies de l’information et de services-conseils, les dépenses technologiques et le recours à la sous-traitance devraient progressivement augmenter au cours des trois prochaines années.

L’an dernier, CGI avait réalisé un sondage qui suggérait que 40% des entreprises désiraient miser sur des stratégies numériques touchant l’ensemble de leurs activités, comparativement à 12% l’année précédente. Cette enquête avait été menée auprès de 1300 gens d’affaires et dirigeants ainsi que des représentants gouvernementaux répartis dans 17 pays. Les Canadiens représentaient 15% des répondants.

«Dans de nombreux cas, nous constatons que les entreprises modifient désormais leurs activités grâce à des projets informatiques, et non l’inverse», a observé le dirigeant de la compagnie fondée à Québec.

M. Schindler a expliqué aux analystes que de plus en plus, ce sont les nouvelles technologies, comme l’analyse massive de données ainsi que l’automatisation, qui venait bouleverser les modèles d’affaires. Cela stimule ainsi les dépenses.

Mieux que prévu

CGI a par ailleurs terminé l’exercice sur une bonne note en affichant des résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre, période au cours de laquelle les profits et revenus ont augmenté.

Les investisseurs ont réagi favorablement, puisque qu’à la Bourse de Toronto, le titre de la multinationale a pris 5,15% à un certain moment, pour finalement clôturer à 81,47 $, en hausse de 2,35 $, ou 2,97%.

Pour la période de trois mois terminée le 30 septembre, la compagnie a engrangé un bénéfice net de 293,5 millions $, ou 1,03 $ par action, ce qui constitue une hausse de 40% par rapport à l’an dernier.

De son côté, le chiffre d’affaires trimestriel a été d’environ 2,8 milliards $, comparativement à 2,61 milliards $ lors du quatrième trimestre de l’exercice précédent.

«La compagnie a généré une croissance de 5% des revenus en devises constantes, ce qui a surpassé notre prévision de 4,1%, notamment grâce à des performances meilleures que prévues en Europe et au Canada», a noté l’analyste Maher Yaghi, de Desjardins Marché des capitaux, dans une note envoyée à ses clients.

Abstraction faite des éléments non récurrents, dont une charge de restructuration de 22 millions $, le bénéfice ajusté du quatrième trimestre a grimpé de 12,4%, à 309,8 millions $, ou 1,09 $ par action.

Cette performance a dépassé les attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit ajusté par action de 1,07 $ au dernier trimestre de l’exercice.

«Nous croyons que les conditions de marché sont au rendez-vous afin que nous puissions réaliser nos ambitions visant à doubler la valeur de CGI au cours des cinq à sept prochaines années», a dit aux analystes M. Schindler.

Confiant

Par ailleurs, M. Schindler n’a pas semblé préoccupé du résultat des élections de mi-mandat aux États-Unis, alors les démocrates ont arraché le contrôle de la Chambre des représentants au Parti républicain de Donald Trump.

Certains observateurs estiment que cela pourrait permettre aux démocrates de bloquer des initiatives des républicains, notamment en ce qui a trait aux dépenses gouvernementales.

CGI génère environ 13% de ses revenus annuels grâce à des contrats décrochés auprès du gouvernement fédéral américain.

Pour l’ensemble de l’exercice, la société a généré des profits nets de 1,1 milliard $, ou 3,95 $ par action, en hausse de 10,3% par rapport à l’exercice 2017. Ses revenus ont grimpé de 6,1 %, pour s’établir à 11,5 milliards $.