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Selon les statistiques compilées par S4M, la journée la plus achalandée de la première semaine ayant suivi la réouverture des commerces non essentiels a été celle du vendredi (12 février). Une hausse d’achalandage de 130 % a été enregistrée dans le Vieux-Québec.
Selon les statistiques compilées par S4M, la journée la plus achalandée de la première semaine ayant suivi la réouverture des commerces non essentiels a été celle du vendredi (12 février). Une hausse d’achalandage de 130 % a été enregistrée dans le Vieux-Québec.

Centres commerciaux et centres-ville: achalandage accru depuis la réouverture des commerces non essentiels

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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Les Québécois se sont rendus en grand nombre dans les commerces non essentiels après que le gouvernement Legault ait autorisé leur réouverture le 8 février. Selon une étude réalisée par la firme S4M entre le 8 et le 14 février, les centres-villes et les centres commerciaux ont connu des hausses importantes de leur achalandage et les commerçants ont réalisé de meilleures affaires qu’en février 2020.

«De très très bonnes nouvelles», a analysé M. Hadrien Bailly, directeur général de S4M, spécialiste mondial des solutions populaires qui permettent d’attirer davantage de clients en magasin, concessions et restaurants. «Les Québécois sont retournés dans leurs magasins. Tout le monde est heureux. Les clients, mais aussi les vendeurs qui ont retrouvé leur travail. «Personnellement, cet achalandage ne m’étonne pas beaucoup. Le Québec et le Canada sont les champions du monde des ventes en magasin. En 2019, elles représentaient 90 %. Et seulement 10 % des ventes se faisaient en ligne. Ça prouve que les Québécois aiment magasiner et qu’ils aiment aller dans leurs magasins.»

C’est à grâce aux signaux émis par les téléphones intelligents que S4M a pu réaliser son étude. Elle les a identifiés et compilés entre 18 et le 24 janvier et entre le 8 et le 14 février. Et c’est en les comparant qu’elle a pu arriver à la conclusion que l’affluence avait augmenté dans les centres-villes et les centres commerciaux à la suite de la réouverture de commerces non essentiels.

Selon les statistiques compilées par S4M, la journée la plus achalandée de la première semaine ayant suivi la réouverture des commerces non essentiels a été celle du vendredi (12 février), celle du samedi étant cependant très très proche. À l’opposée, les journées du lundi, mardi, mercredi et jeudi ont été relativement calmes.

C’est à Montréal, en périphérie du Complexe Desjardins, que la hausse d’achalandage la plus élevée au Québec a été notée, soit 170 %. Suivent ensuite les hausses enregistrées au centre-ville de Trois-Rivières (135 %) et du Vieux-Québec (130 %) qui s’est classé loin devant le centre commercial Galeries de La Capitale (44 %) qui est au 10e rang du classement de S4M qui ne compte que trois centres commerciaux dans son top 12, soit Carrefour-Laval (54 %), neuvième, Galeries de la Capitale, et Quartier Dix30 (34 %), 12e.

M. Bailly a mentionné que plusieurs s’étaient demandé si les gens allaient avoir peur de retourner dans les commerces. Il a constaté que les commerçants faisaient un travail exceptionnel pour diminuer les risques de contagion. Le nombre maximal de clients dans chaque magasin est respecté, les gens se lavaient tous les mains et tout le monde portait un masque.

Appelé à commenter l’affluence de gens dans les centres-ville, M. Bailly a indiqué les volumes de trafic s’étaient inversées. La clientèle de bureau, qui est présente dans les centres-ville la semaine y est retourné la fin de semaine. Et les centres-ville ont repris vie. 

«Plusieurs vendeurs m’ont dit qu’ils avaient reconnu leurs clients. Les acheteurs sont fidèles aux commerçants avec qui ils font affaire. Je crois aussi qu’il y a une notion d’entraide et de solidarité. 

«De leur côté, les centres commerciaux ont peut-être souffert des contraintes imposées par la Santé publique ce qui expliquerait le fait qu’ils aient eu un achalandage moindre. Il fallait attendre plusieurs minutes dans le froid juste pour entrer dans le centre commercial où il fallait souvent attendre une nouvelle fois avant de pouvoir accéder à la boutique où on voulait magasiner. Ce problème ne se posait pas dans les centres-ville. S’il l’attente était trop longue pour entrer dans un magasin, on pouvait aller dans un autre. On n’avait pas à rester au froid sans savoir combien de temps on aurait à le faire.»

Parlant de l’achalandage observé dans le Vieux-Québec, le troisième plus élevé au Québec, M. Bailly indiqué que les consommateurs avaient probablement voulu profiter de l’environnement qui permet de magasiner tout en profitant pour se balader et apprécier le patrimoine historique.

Avenir

Selon M. Bailly, les Québécois ne sont pas près d’abandonner leurs magasins et de tout acheter en ligne. Il prévoit d’ailleurs que l’achalandage observé il y a deux semaines se poursuivra encore pendant plusieurs semaines.

«Je suis extrêmement positif. Il y a eu en 2020 un record au niveau de l’épargne. Les gens ont de l’argent. Et je pense qu’il va y avoir un phénomène de rattrapage. D’ailleurs quand je parle avec les commerçants et les vendeurs, ils me disent que non seulement les gens reviennent, mais de plus, ils achètent beaucoup.»

M. Bailly a conclu en disant que les commerces de détail avaient présentement une opportunité géniale de comprendre qu’ils ne devaient pas se battre contre les ventes en ligne et qu’ils plutôt devaient les voir dans le cadre d’une vision globale. 

«En termes de chiffres, le E-commerce va continuer de croître de manière importante, mais des études démontrent qu’en 2025, les ventes en magasin seront toujours trois fois plus importantes que les ventes en ligne. Et comme je le disais, le Québec est le champion du monde des ventes en magasin. Et ça, ça va durer. Il y a donc de l’espoir.»