Contrairement à sa jumelle de Belledune, la centrale thermique Dalhousie (photo) sera fermée comme prévu en 2011.

Centrale thermique de Belledune: un regain de vie signé Hydro

L'échec de l'entente entre Hydro-Québec et Énergie NB allongera la vie de la centrale thermique de Belledune, qui continuera de cracher environ 2,5 millions de tonnes de gaz carbonique chaque année au-dessus de la baie des Chaleurs pendant au moins 10 ans. Les écologistes de la Gaspésie déplorent cette situation.
Lors de l'annonce en octobre de l'entente de principe devant déboucher sur l'achat par Hydro-Québec d'une grande partie de l'actif d'Énergie NB, les jours de la centrale thermique de Belledune semblaient se compter en un nombre restreint d'années, peut-être aussi peu que deux.
Le ministre néo-brunswickois de l'Énergie, Jack Keir, disait alors s'en remettre à Hydro-Québec pour signifier quand la centrale de Belledune devait être fermée. Selon lui, Hydro-Québec devait donner un an d'avis à Énergie NB, qui conservait la propriété de la centrale.
Le ministre affirmait ne pas savoir si la centrale serait fermée dans «2, 5 ou 10 ans». Il donne un tout autre avis maintenant. «La centrale de Belledune sera assurément exploitée au cours de la prochaine décennie», assure-t-il. M. Keir justifie ce qu'il refuse d'appeler une volte-face par le fait qu'il s'agisse «de l'une des plus efficaces centrales au charbon d'Amérique du Nord».
Dalhousie fermée
En octobre, il statuait que la taxe sur le carbone et le coût croissant des combustibles fossiles allaient rendre non concurrentielles les centrales thermiques, dont celle de Belledune, ouverte en 1991.
Le ministre Keir assure toutefois que la décision de fermer la centrale de Dalhousie est maintenue. Ce complexe vieux de
40 ans est encore plus proche de la côte gaspésienne. Il devait être fermé au cours de l'été, mais le mazout stocké d'ici là sera utilisé au prochain hiver.
Luc Potvin, fondateur du mouvement écologique gaspésien Environnement vert-plus, espère que le Nouveau-Brunswick révisera sa décision de maintenir la centrale de Belledune, bien qu'il soit soulagé de la fermeture de celle de Dalhousie. «À l'heure du réchauffement planétaire, j'espère qu'Énergie NB passera rapidement à une forme d'énergie moins polluante que le charbon pour faire de l'électricité, d'autant plus que l'usine thermique de Belledune génère des contaminants dans l'air comme le thallium et qu'elle a un impact négatif sur la biomasse de la baie des Chaleurs, par le biais du système de refroidissement à partir de l'eau», note-t-il.
Le ministre Keir affirme que l'électricité produite à Dalhousie, environ 450 mégawatts, ne sera pas remplacée à cause d'une baisse de la demande découlant de la fermeture de papeteries. Il ajoute que la province achètera 400 mégawatts d'énergie éolienne. «Des contrats de 250 mégawatts sont signés.»
Offre d'achat d'Énergie NB : mauvaise décision, selon Khadir
De passage en Gaspésie il y a quelques jours, le député de Mercier et porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, a indiqué que le Québec avait pris une mauvaise décision en tentant d'acquérir une partie d'Énergie NB. En plus de soulever le public contre cette acquisition, «un réflexe normal parce que le Québec voulait contrôler l'un des biens sociaux du Nouveau-Brunswick», cette tentative avortée risque de retarder ou de miner le remplacement des sources d'énergie polluantes par de l'énergie verte, dit-il. «Le Québec aurait mieux fait d'aider son voisin à rester maître de sa société publique et à acquérir des quantités d'énergie propre pour remplacer l'énergie de sources fossiles», note M. Khadir.